Réalisation : Jean Marc Vincent

Genre : Horreur

Année : 2011

L'histoire : Une journaliste locale réalise un reportage sur des ambulanciers, ces derniers l'emmènent dans une maison close ou les clients et les hôtesses de cet établissement sont atteints d'un mal étrange et se transforment peu à peu en zombies. Rapidement, la police boucle le quartier et interdit de faire rouvrir les portes de la maison close, piégant les quelques survivants à l'interrieur de l'établissement.

La Critique De Titi70 :

Le nom de Richard J. Thomson ne vous dit sans doute pas grand chose, pourtant, l'homme a une réputation dans le domaine de la série Z francophone totalement assumée.

On peut même dire qu'il s'agit d'un dernier représentant du genre. Fan de cinéma horrifique, le bonhomme s'est construit une filmographie assez particulière, avec des oeuvres souvent parodiques, fauchées mais bricolées avec amour.

Après avoir échoué au concours de la Femis lors de ses études de cinéma, le bonhomme créée son premier long métrage à petit budget, une parodie de Jurassic Park baptisée Terror Of Prehistoric Bloody Creature From Space (sortie récemment en DVD sous le titre Jurassic Shark), puis vient le diptyque Time Démon 1 & 2.

Devenu producteur depuis quelques années (notamment pour des groupes de rap), le bonhomme nous revient avec une parodie des films de Found Footage à la mode actuellement dont il rédige le scénario, mais il laisse la mise en scène à Jean Marc Vincent, déja réalisateur de Lady Blood, la suite de Baby Blood, le film réalisé au début des années 90 par Alain Robak et avec Alain Chabat.

Eject met en scène Pascal Selem (ex spécialiste des caméras cachées de TF1), Alain Robak, Rurik Sallé (ex Journaliste de Mad Movies) et Jean Marc Vincent lui même dans le rôle du cameraman. 

L'histoire se concentre donc sur Samantha, une jeune journaliste à la recherche d'un scoop. Après avoir tenté de s'intéresser à une bande de scouts dans les bois sans succès, elle se rabat sur une caserne d'ambulanciers.

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Tandis que le responsable, Joe, lui fait visiter les lieux,  Son collègue lui rappelle qu'ils doivent se rendre dans une maison close très fréquentée.

Les ambulanciers, suivis par Samantha et son cameraman, se rendent donc au Lulu's Paradise et découvrent bientôt qu'une épidémie y fait rage. Plusieurs personnes se transforment mystérieusement en zombies. Un policier sur place explique alors que toute la zone à été bouclée et qu'il est impossible de sortir. Une nuit d'angoisse commence pour Samantha, son cameraman et quelques autres survivants qui vont tenter de trouver un autre moyen de s'échapper tout en essayant de comprendre d'où vient cette épidémie.

Bien sûr, à la lecture de résumé, vous aurez reconnu Rec, le film de Jaume Balagero et Paco Plaza, cible principal de cette parodie.

Comme on peut s'en douter, le film est une oeuvre fauchée, jouée avec les pieds (la palme à Pascal Selem, en ambulancier frimeur et dragueur) et totalement amateur.

 

Eject commence d'ailleurs de manière amusante avec un avertissement demandant : éteignez les portables, montez le son et maintenant...Fermez la.

De la même manière, le générique finale commencera par un : A suivre dans Eject 3, ben, oui, il y aura pas de 2, autant gagner du temps.

Malheureusement, c'est à peu près tout ce qu'il y a d'amusant dans le film. Passe encore que les comédiens en fassent des caisses, que les dialogues soient d'une nullité absolue ou les maquillages des zombies pour le moins sommaires, mais le film n'est jamais drôle et devient vite ennuyeux.

Il y avait pourtant à faire avec une mode qui nous a certes offert Rec, mais également la saga Paranormal Activity.

Le plus grave étant que passée la première attaque de zombie (ou un type se fait arracher la bite), le scénario tourne rapidement à vide et finit par devenir incompréhensible (la cause de l'infection serait une pharmacienne), en s'enfonçant dans des détails inutiles (la présence des scouts).

Au final, Eject ne peut même pas prétendre à figurer parmi les nanars sympathiques, tant son manque d'inspiration dans le scénario et son côté fauché finissent par devenir rapidement fatiguants et ennuyeux.

Comme quoi, faire dans la connerie assumé ne garantit pas forcément une réussite, en témoigne ce gros navet qu'est Eject, un film qui, comme son titre l'indique, est à virer direct dans la poubelle.