Réalisation : Florent Emilio Siri

Année : 2013

Genre : Drame / Biopic musical

 

L’histoire : La vie du chanteur populaire Claude François, de sa jeunesse à Ismaïlia et à Alexandrie jusqu'à sa mort tragique.

La Critique De Titi70 :

Je le dis tout net, je ne suis pas un fan de la musique de Claude François même si je dois reconnaître qu’il y a quelques titres que j’apprécie particulièrement de lui. Et je ne suis pas non plus un adepte des biographies musicales très en vogue dans le cinéma Français depuis quelques années.

Pourtant, je dois bien admettre que, si je n’était pas plus tenté que cela au départ, la biographie musical de Claude François, signé Florent Emilio Siri et chapeauté par les descendants et proches du chanteur (ses deux fils sont producteur et le scénario à été écrit en étroite collaboration avec Fabien Lecoeuvre, biographe officiel de Claude François) ainsi que par Antoine De Caunes qui fut le premier à avoir l'idée d'un biopic sur le chanteur,  avait su susciter mon intérêt au grès des divers extraits que j’avais pu voir.

Après Edith Piaf ou Serge Gainsbourg, c’est donc au tour de l’idole des années 60 et 70 de voir sa vie porté au cinéma sous la forme d’un long métrage fleuve de 2h30.

Dans le rôle de l’icône d’une génération (et des suivantes, car, le chanteur est toujours très apprécié et particulièrement par la gent féminine), on trouve Jérémie Rénier, acteur belge qui écope de la lourde tache d’incarner le chanteur blondinet.

A ses cotés, Benoit Magimel qui a du prendre de nombreux kilos pour incarner le producteur Paul Lederman (qui sera plus tard celui de Coluche ou des Inconnus) et la participation de Robert Knepper pour deux scènes ou il incarne l’idole absolue de Claude François : Frank Sinatra.

Tout commence donc en Egypte ou le futur chanteur grandit dans l’insouciance, au milieu d’une famille aimante dirigé par un père excessivement autoritaire.

Mais, la vie de Claude François bascule lorsque adolescent, il est contraint de quitter son pays natale pour la France. Son père ne s’en remettra jamais et ne sera plus que l’ombre de lui même.

Le futur chanteur est encore loin d’être la star que l’on connaît et se contente de petits boulots tout en passant des auditions pour être musicien.

Le jour ou il annonce son envie de consacrer sa vie à la musique, son père le prend très mal et le chasse de la maison, ne voulant pas d’un fils « saltimbanque ». Jamais Claude François ne parviendra à renouer le dialogue avec son géniteur (voir cette scène de mariage ou le père regarde ailleurs au lieu de se réjouir du bonheur de son fils).

Le chanteur ne se remettra jamais de la mort de son père dont la figure paternel restera comme un fantôme hantant la vie de Claude François.

Le film retrace les grandes lignes de la vie du chanteur, parfois avec humour (le producteur n’acceptant de recevoir Claude François que parce que celui ci lui amène à chaque fois une boite de succulents chocolats), parfois avec gravité (ses relations avec les femmes se terminent toujours mal, en grande partie à cause du caractère jaloux et posséssif du chanteur).

Certes, le film n’évite pas certains raccourcis faciles et quelques longueurs (la chanson Comme D’habitude qui nait en quelques minutes, la relation avec France Gall à peine évoqué, et le personnage de la chanteuse qui disparaît subitement, alors que c’est résté une des histoire d’amour majeur dans la vie du chanteur, la séparation artistique entre Paul Lederman et Claude François, dont la raison n’est jamais évoqué), mais, ça rèste un biopic parfaitement réalisé, porté par des comédiens absolument parfaits, dont Jérémie Rénier qui incarne à merveille Claude François et Benoit Magimel dont la transformation physique est bluffante, tout comme la prestance de l’acteur, totalement à contre emploi de ses rôles habituelles.

Bref, que vous soyez, comme moi, simple amateur de musique ou adepte des grandes bigraphies au cinéma, ce Cloclo rèste, malgré son coté un peu trop carré, un très bon film.