La Critique De Titi70 :

Ce numéro de l'émission Un Jour, Un Destin, diffusé en septembre 2012 et disponible en intégralité sur Youtube, s'interesse donc à celui qui se baptise lui mème "Le Chanteur Enervant" et qui reste, encore aujourd'hui, une de mes idoles.

On le sait, Renaud est actuellement dans une mauvaise période et, malgré une remontée en 2001 et trois albums, à replongé dans la dépréssion et l'alcoolisme depuis.

Pourtant, une rumeur voulant que le chanteur revienne sur le devant de la scène se propagea l'année dernière, sans qu'aucune suite ne fut donné. Malgré tout, ses fans ne perdent pas l'éspoir de voir Renaud se remettre à écrire et faire un nouvel album, comme le confirme à demi mot son frère en expliquant que si la chose arrivait, les nouvelles chansons seraient sur un ton plus mélancolique.

Ce documentaire nous permet donc de mieux comprendre les blessures du chanteur, et à le mérite d'éclairer les zones d'ombres du caractère de Renaud et de certains de ses proches, comme Coluche, qui acceptait mal le chanteur lorsque celui integra l'équipe du Café De La Gare avant de tenir auprès de lui une place d'alter égo et de grand frère.

On commence donc avec l'enfance de Renaud, au milieu d'une famille de 6 enfants, entre un père écrivain et une mère ouvrière.

Le premier basculement dans la vie du chanteur survient au début des années 60, alors que les parents de Renaud participent à une manifestation contre la guerre d'Algérie. Un évènement qui va tourner au drame quand les policiers n'hésitent à faire usage de la force contre les manifestants.

Les parents du jeune Renaud Séchan en resteront traumatisés et finiront par se confier à leur enfants. Voir ceux ci au bord des larmes poussera le futur chanteur à se forger une fibre politique.

Lorsque Mai 1968 arrive, Renaud est sur les barricades, avec sa famille, et finit par intégrer un collectif étudiant du nom de Comité Gavroche.

C'est la qu'il commencera à improviser des petits rôles dans des pièces joué en comité restreint. Après les évènements, il convainc un ami de son père, musicien, de l'accompagner pour chanter dans le métro ou dans la rue. C'est la que Renaud commence à se forger un public, jusqu'a ce que le producteur de Coluche le remarque et lui propose de faire la première partie du spectacle parisien de l'humoriste.

Au cours d'une représentation, le chanteur est remarqué par la responsable d'une maison de disque qui lui propose de faire un album.

Entre temps, Renaud à donné un aperçu de son futur style à sa famille lors d'une soirée avec quelques invité. Si ceux ci ont aimé la chanson, le père du chanteur n'à guère apprécié le titre baptisé :"Crève, Salope".

Avec ce premier disque, le chanteur n'a aucune garantie d'avoir du succès et le fait que les radios refusent de programmer ses chansons (pas étonnant quand on connait les paroles d'un titre comme Hexagone ou Renaud déverse sa haine de la bourgeoisie, voir, de la société en général). Même un passage chez Daniel Gilbert, dans son émission phare de l'époque, ne suffira pas.  

Ce n'est qu'avec Laisse Béton qu'enfin la renommé arrivera. Mais, elle sera également accompagné de beaucoup de culpabilité, car, le chanteur vivra très mal le fait gagner de l'argent, tout en affichant une image de rebelle.

Au cours de ces 26 ans de carrière, Renaud se fera des amis, comme Coluche ou François Mitterand, avec il entretenait également un correspondance et qui n'hésitera pas à venir à un de ses concert.

Le documentaire révèle également les points douloureux, comme la mort de l'humoriste, qui marquera à jamais le chanteur, ou son passage à Moscou, quand, lors d'un concert, de nombreux Russes, encouragé par l'armée du pays, quitteront la salle tandis que Renaud chante son "Déserteur", sa reprise très personnel du titre de Boris Vian.

Parmi les zones d'ombres, il y a également le tournage de Germinal, avec un Renaud s'identifiant tellement à son personnage de meneur d'hommes, qu'il n'hésitera pas, en coulisse, à se faire le porte parole de figurants qu'il considère comme mal payé, même si ceux ci sont parfaitement satisfait de leur sort.

C'est, d'ailleurs, grâce à eux que le chanteur ira au bout du tournage, Renaud étant, à de nombreuses reprises, sur le point de tout abandonner.

Enfin, le documentaire s'attarde sur la période douloureuse vécu par le chanteur, et que même sa rencontre avec Romane Serda ne parviendra pas à remettre en selle, mème si Renaud aura au moins eut un étincelle d'éspoir qui n'aura pas duré.

On peut reprocher aux auteurs du documentaire de passer sous silence certains éléments important de la vie de Renaud (comme la mort de François Mitterrand, ou le départ de sa première femme, Dominique), et certaines erreurs (dire que le chanteur est de moins en moins inspiré après 1986 et faux puisqu'il à sortit d'escellent album après cette période, comme le très bon Marchand De Cailloux), mais, ce documentaire nous permet d'entrer dans l'intimité et les souffrances d'un artiste, à l'aide de nombreux témoignages, dont celui de Philippe Bruneau, une des figures de la bande à Stephane Collaro dans les années 80, et grand ami du chanteur, décédé en mars 2012 d'un cancer.

Au final, un très bon documentaire (mème si l'absence du chanteur dans les témoignages est regrettable), riches en anecdotes parfois drôles (Coluche qui se pointe au domicile des Séchan avec un papier stipulant qu'en cas de décès du chanteur et de sa femme, il devient père adoptif de la gamine, depuis marié avec un certain Renan Luce) et parfois plus grave (la colère de Renaud à l'issue du spectacle à Moscou), le portrait d'un homme toujours apprécié et qui à marqué le paysage musical Français.