Réalisation : Brian De Palma

Année : 1981

Genre : Suspense / Thriller

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L'histoire : Alors qu'il enregistre les bruits nocturnes de la nature dans une campagne isolée, un ingénieur du son est témoin d'un accident d'automobile. Mais il va peu à peu s'apercevoir que cet évènement cache en fait une autre réalité...

La Critique De Titi70 :

Au début des années 80, Brian De Palma est dans une période riche en succès : Phantom Of The Paradise, Carrie Au Bal Du Diable ou Obsession l'ont rapidement propulsé parmi les metteurs en scènes à fort potentiel.

Après le triomphe de son film Pulsions, le cinéaste est pressenti sur plusieurs projets et notamment le long métrage musical Flashdance (que réalisera finalement Adrian Lyne) ou encore une série télévisé.

Mais, Brian De Palma vient surtout d'écrire un script baptisé Personnal Effect qu'il envisage comme un hommage à une oeuvre qu'il affectionne particulièrement, il s'agit de Blow-Up, réalisé en 1966 par Michelangelo Antonnioni, dans lequel un photographe mène l'enquète après avoir découvert une main tenant un revolver, caché dans les feuillages.

 

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Durant le mixage-son de Pulsions, Brian De Palma à eut l'idée de mettre en personnage centrale un preneur de son que doit jouer Al Pacino, mais, l'acteur se révèle, finalement, indisponible.

Le réalisateur se souvient alors d'un jeune acteur qu'il avait dirigé quelques années plus tot dans l'adaptation sur grand écran du roman de Stephen King, Carrie Au Bal Du Diable et qui triomphe dans des films comme La Fièvre Du Samedi Soir ou Grease, il s'agit de John Travolta.

Pour le rôle féminin, un producteur soumet à De Palma le nom d'Olivia Newton-John, histoire de réunir à nouveau à l'écran le couple mythique du long métrage musicale de Randal Kleiser, mais, le réalisateur refuse catégoriquement et impose son épouse de l'époque, Nancy Allen (qui était déjà dans Pulsions et Carrie, ou elle donnait déja la réplique à John Travolta).

Finalement baptisé Blow Out (un titre rappelant forcément celui du film d'Antonioni), le long métrage de Brian De Palma se concentre sur Jack Terry, un preneur de son travaillant dans le domaine de la série B, et enchainant surtout les navets.

Un soir, alors qu'il capte les bruits dans un parc, il est témoin d'un accident, mais, parvient à sauver l'un des passagers de la voiture, une jeune femme prénommé Sally Badina.

Plus tard, tandis qu'il lui rend visite à l'hopital, il découvre l'identité de l'autre occupant du véhicule, un homme politique très en vue et qui avait de bonnes chances de remporter les élections présidentielles.

Très vite, un homme fait comprendre à Jack qu'il est dans son intérêt d'oublier l'accident et ce qui a suivit, et de ne raconter à personne ce qui s'est passé.

Mais, le preneur de son tombe rapidement sous le charme de Sally et, poussé par un besoin de vérité et par le fait de ne pas recommencer une erreur du passé, va commencer une enquête à haut risque.

 

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Pendant ce temps, un psychopathe notoire ayant un rapport direct avec toute cette histoire va tenter de faire taire ce témoin gênant, et la fille qui l'accompagne.

Selon la volonté affiché par De Palma, Blow Out reprend donc l'intrigue de Blow-Up et s'incrit comme un remake déguisé du long métrage de Michelangelo Antonioni.

Pourtant, limiter le film à une simple copie serait commettre une grosse erreur, car le long métrage possède une force et un style de mise en scène qu'on ne peut attribuer à personne d'autre qu'à Brian De Palma.

En outre, le réalisateur de Pulsions remplit son intrigue de détails sur la manipulation de l'image et du son, parfois expliqué directement par le personnage de John Travolta.

Dans la même optique, Brian De Palma colle également bon nombres d'allusions à l'histoire politique Américaine comme l'accident de voiture d'Edward Moore Kennedy, frère de John ou  le scandale du Watergate.

Enfin, comment ne pas citer les prestations impeccable de John Travolta dans un de ses (le ?) meilleurs rôle ou Nancy Allen qui a rarement été aussi belle, ou le personnage éffrayant joué par John Lithgow ou encore la fin absolument terrible, mais, en même temps magnifique, et qui desservit considérablement le long métrage à sa sortie, certains spectateurs trouvant la conclusion trop triste. C'est pourtant devenue une des plus fins du cinéma de Brian De Palma.

En ce qui concerne Blow Out, ça reste un des sommets du cinéma de la grande époque du réalisateur qui nous offre un véritable film culte à la mise en scène parfaitement maîtrisé, et au scénario délicieusement manipulateur (que n'aurait d'ailleurs pas renié Alfred Hitchcock). Bref, un très grand film.