Réalisation : Douglas Buck

Année : 2008

Genre : Horreur

Sisters : affiche

L'histoire : Une journaliste enquête sur le mystérieux docteur Lacan. Son investigation la mène au coeur de la clinique Zurvan, lieu de traitements psychanalytiques expérimentaux pour enfants. Là, elle rencontre une bien étrange jeune femme, un cobaye humain dont l'innocence fragile cache de dangereux secrets...

La Critique De Titi70 :

On le sait : faire un remake d'un grand classique est toujours très risqué. Soit vous collez au plus pret de l'oeuvre original et l'oeuvre est taxé d'inutile, soit, vous prônez la différence et les gardiens du temps, ceux qui vénèrent le long métrage initiale, vous tomberont dessus en qualifiant le résultat d'hérésie.

Dans le cas de Sisters, relecture de Soeurs De Sang, signé Brian De Palma au milieu des années 70, c'est plutot la seconde option qui a primé.

Une crainte légitime tant il s'avère impossible d'esperer surpasser la mise en scène du réalisateur de Blow Out, surtout à une époque ou Brian De Palma était en pleine possession de son art, et le remake récent de Carrie semble en être une belle preuve.

Pour Sisters, c'est Douglas Buck qui s'y colle, auréolé d'une certaine réputation après le plébiscite de son film à sketch Family Portrait. Malheureusement, son oeuvre sera très mal accueillit par le public des festivals et atterrira finalement directement en DVD.

Un traitement injuste, car, si Sisters est loin de se hisser à la hauteur de son modèle (chose, encore une fois, impossible), le résultat finale mérite tout de mémé le détour et s'impose comme une variation intéressante sur le thème de la gémellité.

Interprété par Lou Douillon, Chloé Sévigny et Stephen Réa, l'histoire reprend les grandes lignes du long métrage original. Tout commence dans un hôpital dirigé par le Dr Lacan. Alors que les patients participent à une fète foraine, Angelique, l'assistante du médecin, croise le Dr Bryant.

Celui ci tombe immédiatement amoureux de la jeune femme et finit par la raccompagner chez elle. Dans le même temps, le Dr Lacan est accosté par une journaliste tenace qui a réussi à s'introduire à la fête en se déguisant en clown.

Durant la nuit, le Dr Bryant tentera de coucher avec Angelique, une tentative finalement avorté. C'est quelques minutes plus tard qu'il est plaqué au mur par une femme qui lui colle une main sur les yeux. Le Dr Bryant l'ignore, mais, il va faire l'amour à Annabelle, la soeur jumelle d'Angelique, une dangereuse déséquilibrée qui l'assassine dés le lendemain.

Ayant tenté de s'introduire chez le Dr Lacan, la journaliste assiste au meurtre et prévient la police. Mais, entre temps, le médecin à fait disparaître toute trace du crime.

Lorsque deux flics arrivent sur les lieux, ils ne trouvent rien et finissent par prendre la journaliste pour une folle. Pourtant, cette dernière n'est pas décidée à lâcher le morceau et compte bien faire tomber le medecin.

Dés la première scène, Douglas Buck à le mérite de porter le regard sur des personnages entretenant des liens pour le moins trouble : Le Dr Lacan, amoureux fou d'Angélique au point d'avoir placé des caméras partout dans son appartement et de passer ses nuits à l'éspionner. En homme possessif et jaloux, il réagira très mal en voyant un jeune médecin, fraîchement arrivé, emmener l'objet de son désir.

La jeune femme semble, elle, vouloir échapper à l'emprise du médecin et connaître de nouvelles expériences, mais, dans le même temps, elle demeure incapable de vivre sans lui. Quant à la journaliste, son attachement étrange au Dr Lacan lui a déja coûté beaucoup et frise l'obsession.

En outre, elle demeure incapable de faire confiance à qui que ce soit, une attitude dont les causes nous seront expliqué bien plus tard et on peut facilement deviner, à la vue d'un passage de la scène finale, ce qui l'a lie à Angelique et Annabelle.

Le réalisateur aborde plusieurs thème généralement tabou dans le cinéma actuel comme le viol ou la pédophilie, et ses conséquences psychologique sur le victimes une fois celle ci adulte.

Il faudra attendre le dernier tiers pour que le film balance dans le trash et le gore. Une ultime séquence qui déroute et interroge, laissant le spectateur dans une impression de malaise, d'ou le rejet de certains spectateur, ajouté au fait que Douglas Buck prend le temps de raconter son histoire de présenter ses personnages, au risque de voir son remake qualifié de "trop lent" par quelques spectateurs trop pressés.

Encore une fois, Sisters version 2008 n'est pas à la hauteur de son modèle, et Douglas Buck ne cherche, d'ailleurs, jamais à l'égaler. C'est un autre regard sur des thèmes similaires au long métrage initiale, bien joué, et notamment pas Lou Douillon et une oeuvre complexe et intéressante, qui mérite une nouvelle chance.