Réalisation : Jan Kounen

Année : 2013

Genre : Suspense

L'histoire : Un ornithologue suisse est retrouvé mort dans un nid de cigognes. Malgré cette disparition, Jonathan, l'étudiant qu'il avait engagé, décide d'assumer seul la mission prévue : suivre la migration des cigognes jusqu'en Afrique afin de découvrir pourquoi nombre d'entre elles ont disparu durant la saison précédente. Au cours de son voyage, il est confronté aux souvenirs terrifiants de son propre passé.

La Critique De Titi70 :

La dernière fois que j'ai abordé une adaptation d'un roman de Jean Christophe Grangé sur ce blog, il s'agissait de La Marque Des Anges, un des gros navet Français de 2013 (et après ce genre de trucs, les professionnelles du 7 ème art continueront de se demander pourquoi l'année dernière fut aussi mauvaise en terme de fréquentation pour nos oeuvres franchouillardes).

La différence tient au fait, qu'ici, il ne s'agit pas d'un quelconque cinéaste à la barre, puisque Le Vol Des Cigognes, adaptation du bouquin du même nom, est signé Jan Kounen.

Il s'agit, en fait d'un téléfilm en deux parties de 90 minutes chacune avec un casting n'ayant aucune tète d'affiche, mais, dans lequel on trouve tout de même Harry Treadaway, Rutger Hauer (qui apparaît dans la partie 2) et Perdita Weeks, vu dans Orgueil Et Préjugés.

Ce n'est pas la première fois que Jan Kounen tente d'adapter le premier roman de Jean Christophe Grangé mais, le projet avait alors capoté.

Dix ans plus tard, avec Europa Corp comme producteur et sous la bénédiction de Canal +, le réalisateur peut enfin se permettre de réaliser son rève en tournant le téléfilm en Anglais et avec un budget comparable à celui d'un blockbuster. Le Vol Des Cigognes est ainsi le premier téléfilm tourné en cinémascope.

L'histoire tourne autour d'un jeune homme, Jonathan Anselme, qui revient en suisse retrouvé son professeur et ami, Max Bohm. Mais, sur place, une mauvaise surprise l'attends puisque Bohm à été assassiné et son corps est dans un nid de cigognes.

Immédiatement l'affaire succite la curiosité du responsable de l'enquête, Hervé Dumaz, qui s'interesse particulièrement à Jonathan.

Le jeune homme aux mains brûles suite à un incendie ayant tué ses parents dans son enfance semble un peu déboussolé, mais, décide de continuer le travail commencé avec Max Bohm sur les cigognes et leur migration à travers le monde.

Au cours de son périple qui va le mener dans plusieurs endroits du globe comme La Russie, Israel ou Le Congo, Jonathan va faire de nombreuses découvertes, mais, aussi courir des dangers sous la forme de deux hommes qui le suivent avec le projet  de l'éliminer.

La première partie nous présente les personnages et met en pose rapidemment de nombreuses questions. Il est rapidemment évident que cette histoire d'étude sur des volatiles est une couverture visant à cacher un trafic illégale dont Jonathan ne semble pas avoir conscience.

Son périple le mènera notamment dans un camp de Rom ou sa présence déclenchera malgré lui une véritable tuerie. Manifestement, certains sont prêt à tout pour l'éliminer, comme ils l'ont déjà fait pour le professeur et toutes les personnes qui étaient en contact avec lui.

Mais, le jeune homme est également victimes de nombreuses hallucinations ou de moments de perte de conscience, comme lorsqu'il est obligé d'accepter de prendre une cuite ou revit des séances d'hypnoses avec Max Bohm et son étrange machine. 

Dans le générique finale, Jan Kounen remercie notamment Alejandro Jodorowski pour son inspiration et il est certain que le cinéaste Chilien à influencé les moments d'hallucinations tant ces derniers portent sa pattes. Des moments psychédéliques ou la caméra tourne dans tout les sens avec des gros plans sur le visage d'Harry Treadaway, le téléfilm en regorge. 

Le Vol Des Cigognes est très réussi et pleins de promesses dans sa première partie, se terminant sur un plan annonçant une séquence pleine de suspense.

Malheureusement, c'est dans sa seconde partie que les choses se gâtent. La faute essentiellement au scénario auquel à pourtant participé Jean Christophe Grangé.

Car, l'enquête de la première partie passe tellement au second plan qu'elle en devient quasi inexistante et surtout incompréhensible, comme si Kounen ne savait pas comment terminer cette histoire.

Le plus grave étant le manque de logique dans laquelle tombe certains personnages. Je pense surtout au flic chargé de l'enquête qui, après avoir démissionné de la police dans la première partie, se transforme en tortionnaire en kidnappant une femme qu'il soupçonne d'ètre impliqué dans le trafic, avant de la torturer.

L'action se déroule dans un appartement neuf et finit dans une séquence digne d'un survival. Le pire étant la fin complètement grotesque ou Jonathan, qui était tombé amoureux de la demoiselle, la retrouve et roucoule avec elle alors que cette dernière lui a menti, l'a manipulé et a quand même tenté de le voler.

Heureusement, il reste l'élément principale de cette seconde partie, centré sur le passé de Jonathan. Le jeune homme se rend au Congo pour découvrir la vérité sur l'incendie ayant causé la mort de ses parents.

Une partie passionnante et complexe, si elle n'était pas gâché par des éléments totalement hors sujet, rendant le tout extrêmement confus.

Au niveau des interprètes, ces derniers sont plutôt bon, même si Harry Treadaway demeure un peu falot pour le rôle principale.

Au final, une enquête policière parasité par des passages totalement inclassables, comme si Jodorowski avait fusionné avec l'univers de l'auteur des Rivières Pourpres, et un téléfilm bien supérieur à ce que le production télévisuelle française nous offre généralement. Une oeuvre ambitieuse qui, malheureusement, ne tient pas toutes ses promesses, mais mérite d'ètre salué pour son audace.