Réalisation : Sandrine Bonnaire

Année : 2012

Genre : Drame

L'histoire : Après dix ans d’absence, Jacques ressurgit dans la vie de Mado, aujourd’hui mariée et mère de Paul, un garçon de sept ans. La relation de l’ancien couple est entachée du deuil d’un enfant. Alors que Mado a refait sa vie, Jacques en paraît incapable et lorsqu’il rencontre Paul, c’est un choc. La complicité de plus en plus marquée entre Jacques et Paul finit par déranger Mado qui leur interdit de se revoir. Mais Jacques ne compte pas en rester là...

La Critique De Titi70 :

En 2007, l'actrice Sandrine Bonnaire passe pour la première fois derrière la caméra à l'occasion d'un documentaire très remarqué à l'époque, baptisé Elle S'Appelait Sabine qui, connaîtra d'ailleurs une exploitation en salle.

La comédienne y filmait sa soeur et quelques autres résidents, tous handicapé mentaux dans une structure en Charentes. Ce témoignage attirera l'attention des professionnelles du cinéma et attiser l'envie, pour Sandrine Bonnaire, de se lancer dans l'aventure d'un long métrage.

Sortit en 2012, J'Enrage De Son Absence est donc né de cette envie. Pour le scénario, la comédienne s'inspire d'un personnage qu'elle à connue dans son enfance, un homme lié à sa mère qui s'occupera d'elle durant quelques années avant de disparaître. Puis, de réapparaître en SDF alors que Sandrine Bonnaire à tout juste vingt ans.

C'est donc, encore une fois, un projet personnel pour la comédienne auquel elle adjoint son ancien compagnon, William Hurt.

Ce dernier devra faire face à une difficulté, la barrière de la langue. Heureusement, l'acteur à quelques notions. Quant à sa partenaire, Sandrine Bonnaire opte pour Alexandra Lamy, après l'avoir rencontré une première fois.

L'histoire tourne autour de Jacques, un Américain ayant vécu une partie de sa vie en France et qui y revient à l'occasion du décès de son père.

Il en profite pour tenter de renouer le contact avec son ex compagne, Mado. Cette dernière à refait sa vie et est désormais mère d'un petit garçon. La jeune femme qui travaille dans une entreprise de transport vit dans une banlieue résidentiel paisible et se réjouit de revoir Jacques.

Seulement, les deux amants ont une tragedie en commun. Dix ans avant, leur unique enfant de quatre ans s'est tué dans un accident dont le conducteur était Jacques.

Un drame qui à totalement brisé l'histoire entre Mado et son compagnon de l'époque. Ce dernier, toujours rongé par la culpabilité, s'attache rapidement à Paul, le petit garçon de la jeune femme.

Il ira même jusqu'a lui leguer la totalité de la fortune de son défunt père. Peu à peu, la présence de Jacques perturbe l'existence bien rangé de Mado.

Lorsqu'il annonce qu'il repart aux Etats Unis, la jeune femme prend la nouvelle comme un soulagement. Elle ignore qu'en fait, Jacques à décidé de s'installer dans une des caves de l'immeuble ou il pourra continuer à voir Paul à loisir.

C'est donc une histoire assez sombre à laquelle s'attaque Sandrine Bonnaire, ou se mêle des thèmes comme les conséquences que peuvent avoir la perte d'un enfant sur un couple. L'actrice réalisatrice à le mérite de particulièrement bien faire les choses à travers une mise en scène discrète, mais, maîtrisé.

Dans un rôle difficile, William Hurt s'avère particulièrement juste en homme rongé par la culpabilité et le remord. Jacques a totalement perdu le goût de vivre et pensait retrouver un peu d'humanité en revoyant Mado, sauf qu'il réalise assez vite qu'il n'y a plus rien de son ancienne existence en France.

De son coté, Alexandra Lamy impose un jeu tout en retenue en interprétant une femme qui pensait avoir tourné la page sur son passé, mais, va se le reprendre en pleine figure lors du retour de Jacques.

Si J'Enrage De Son Absence est une oeuvre qui comporte ses qualités, son ton sombre est également son plus gros défaut, puisqu'a trop vouloir oeuvrer dans la noirceur, Sandrine Bonnaire laisse de coté le spectateur, qui peut difficilement rentrer dans l'unvers hermétique du film.

Le long métrage en devient une oeuvre intéressante, mais, pas passionnante malgré, encore une fois, ses nombreuses qualités. Quant au duo William Hurt/Alexandra Lamy, ce dernier à beaucoup de mal à fonctionner.

Une réussite en demi teinte, donc, pour Sandrine Bonnaire qui démontre de réels talent pour la réalisation et la direction d'acteurs et signe une oeuvre porté par un William Hurt absolument parfait de justesse, mais, dans laquelle il est très difficile de rentrer pleinement.