Réalisation : Mike Nichols

Année : 1994

Genre : Fantastique

  

L'histoire : Lorsque, par une nuit de pleine lune, l'editeur new-yorkais Will Randall se fait mordre par un loup qu'il a renversé en voiture, il ignore que cet accident va changer le cours de sa vie.

La Critique De Titi70 :

Comme je l'ai déjà plusieurs répété sur ce blog : Parmi les figures du bestiaire fantastique, Le loup garou est une des créatures les plus mal aimé. Dans la liste des films mettant en scènes des lycanthrope, on compte beaucoup de navets pour pour de bons films.

Bref, il est très difficile de réussir un bon film de loup garou, et ce n'est pas toujours uniquement une question d'argent, en témoigne le récent Wolfman dont je vous ai parlé il y a quelques temps.

Parmi les oeuvres à mettre en scène le personnage, on trouve notamment Wolfman, réalisé par Mike Nichols en 1994, un projet que porte alors son acteur principal, Jack Nicholson, et son ami, le scénariste Jim Harrison, depuis une douzaine d'années. 

A l'origine, Mike Nichols souhaite confier le premier rôle féminin à Mia Farrow, mais, cette dernière est déja plongé dans une longue bataille juridique contre Woody Allen et se voit contrainte de refuser. Le réalisateur se tournera alors vers Sharon Stone, actrice alors en plein succès depuis la sortie de Basic Instinct deux ans avant. mais, cette dernière devra également décliner. Il se replie finalement sur Michelle Pfeiffer, remarqué pour son personnage de Catwoman dans Batman, le Défi.

Au casting figurent également Christopher Plummer (qui avouera quelques années plus tard, dans ses mémoires, avoir véritablement giflé Michelle Pfeiffer à l'occasion d'une scène finalement non retenu au montage), James Spader, Kate Nelligan, et Richard Jenkins en policier.

Avec ce film, les dirigeants de la Columbia espèrent réitérer le succès du Dracula de Francis Ford Coppola, sortit deux ans avant.

L'histoire est celle de Will Randall, un éditeur New Yorkais très en vue, qui, lors d'un voyage dans le Vermont, renverse un loup avec sa voiture. S'approchant de l'animal, il est alors violemment attaqué et mordu à la main. Le lendemain, il prend rendez vous avec son médecin, plus par précaution qu'autre chose. Il faut dire que l'homme à d'autres soucis en tète qu'une simple blessure à la main puisqu'il s'apprette à participer à une soirée dans la luxueuse demeure de son patron, Raymond Alden, ou ce dernier s'apprette à annoncer de nombreux licenciements.

Will Randall apprend ainsi la terrible nouvelle, qui prendra effet si il refuse un poste en Europe De L'Est, c'est à dire la ou personne ne souhaite aller. Autant choisir entre la peste et le choléra, donc.

L'éditeur n'a guère le choix : Les temps sont difficiles et encore plus quand on dépassé la cinquantaine. C'est durant cette soirée mouvementé que Will Randall fait de nombreuses rencontres et découvertes. Outre son licenciement, il apprend également la trahison de son plus proche collaborateur, un homme qu'il a formé depuis le début et qu'il considère comme son poulain, Stewart Swinton, qui à joliment planté un couteau dans le dos de Will en harcelant pendant des mois Raymond Alden pour avoir le poste de son mentor.

Une véritable ordure dont on découvrira également que, non content  de lui avoir piqué son boulot, il s'envoie également la femme de Will dans son dos.

L'éditeur fait également la connaissance de la fille de son patron, Laura, belle femme mystérieuse au caractère bien trempé et au passé mouvementé, en rébellion contre son paternelle.

Alors que la morsure du loup produit de plus en plus ses effets sur Will, et lui donne de nouvelles aptitudes comme un odorat plus développé et un sens auditif très aiguisé, l'éditeur décide de se servir de ses nouvelles capacité pour récupérer son poste. Mais, ses dons ont un prix que Will Randall ne va pas tarder à découvrir.

A sa sortie, Wolf connaît un beau succès dans les salles, et sera nominé aux Grammy Award, notamment dans la catégorie meilleur musique de films pour Ennio Morricone.

Aujourd'hui, si l'influence du Dracula de Coppola est évidente à la vue du long métrage, Wolf reste une variation intéressante sur le thème de la lycanthropie, une oeuvre qui alterne le très bon et le moins réussi.

Commençons par la première catégorie qui concerne toute la première partie du film, ou le thème de la transformation en loup garou est mélangé avec les difficultés du monde du travail.

Au début de l'histoire, Will Randall est un éditeur apprécié, qui fait correctement son travail sans faire de vagues, et connait parfaitement son boulot après trente années de boites.

Mais, l'homme n'a rien d'un requin et ne se définit d'ailleurs pas comme tel, comme le dit lui même le personnage dans une scène du film. Or, la société dans laquelle nous vivont exige d'être de plus en plus dur et combatifs, sous peine de se faire écraser. Comme le précise Raymond Alden lors de la scène ou il annonce son licenciement à Will : "Le goût et l'originalité (qualité dont l'éditeur est pourvu) sont aujourd'hui un handicap".

La morsure du loup va agir sur Will comme un catalyseur et lui donner la confiance et l'envie de sa battre, pour la première fois de sa vie.

Une partie ou le monde du travail et coté cruel apparaît dans tout son cynisme, à l'instar du personnage de Stewart Swinton, individu faux et sans scrupules qui serait capable de vendre sa propre mère pour réussir.

Puis, vient le moment ou le film révèle ses défauts de plus en nombreux, lorsqu'il commence à abandonner la satire du monde du travail, à l'image de la bataille de l'éditeur pour récupérer son job, qui finalement sera vite réglé, pour laisser plus de place à la transformation de Will Randall.

Son histoire d'amour avec Laura Alden devient difficilement crédible, tant le couple semble mal assortit. Plus grave, certaines scènes apparaissent totalement raté, je pense à celle ou Will rencontre une bande de loubards alors qu'il est en loup garou. C'est, d'ailleurs, la seul fois ou le personnage se permet de parler alors qu'il est sous son apparence animale. Un passage surement imposé par un producteur et qui ne sert à rien, sauf à laisser Jack Nicholson balancer un mot facile, sans compter que l'attaque qui suivra se déroulera hors champ.

Dans la mème veine, la fin qui est proposé ne colle pas avec le reste du film. Pas étonnant quand on sait que le troisième acte sera refait plusieurs fois, au point d'imposer une sortie repoussé de plusieurs mois, preuve que les responsables ne savait pas comment terminer l'histoire.

Au niveau des acteurs, Jack Nicholson se montre parfait tout comme Michelle Pfeiffer, mais, les deux comédiens sont font largement voler la vedette par James Spader, délicieusement detestable en être menteur, arrogant, cynique et sans scrupules.

Wolf est loin d'être une oeuvre raté et le film possède énormément de qualité, son intepretation dont j'ai déja parlé, sa noirceur et son ton parfois cruel (le passage ou Will Randall pisse sur les chaussures de Stewart Swinton en lui balançant :"je marque mon territoire" fait toujours son petit effet) alié à une première partie dépeignant une vision peu reluisante (mais réelle) du monde du travail. 

Bref, une tentative intéressante sur le thème du lycanthrope, pas exempt de défauts, mais, qui s'avère tout de même recommandable.