Réalisation : Hayao Miyazaki

Année : 2014

Genre : Animation

L’histoire : Au début des années 20, alors que le Japon s’apprête à basculer dans la guerre, le jeune Jiro rêve de s’envoler. Condamné à rester à terre à cause de sa mauvaise vue, il va connaître la consécration avec une invention qui changera à jamais l’histoire du pays.

La Critique De Titi70 :

Véritable génie de l’animation à la filmographie totalement hors du commun (aucun mauvais long métrage en plus de trente ans de carrière), Hayao Miyazaki nous fait ses adieux avec son ultime œuvre, Le Vent Se Lève, dont le titre est emprunté à un poème de Paul Valéry et dont la phrase sera prononcé à de nombreuses reprises durant tout le long métrage, comme un refrain entêtant : « Le vent se lève ! Il faut continuer de vivre ».

Autant prévenir, cette ultime bafouille tranche avec les autres œuvres du maître. Ce dernier nous avait habitué aux voyages vers des mondes fantastiques remplit de sorcières, d’esprits ou autres créatures.

Rien de tout cela ici puisque Le Vent Se Lève est sans doute le plus réaliste de tout les long métrages d’Hayao Miyazaki. On pourrait ainsi y voir le premier déssin animé social de l’histoire de l’animation. Sauf que le réalisateur sait souvent nous rappeler qu’il est bien à la barre du projet.

L’histoire commence dans les années 20, dans une petite province ou vivent le jeune Jiro, sa mère et sa grande sœur. Travailleur et courageux, l’enfant ne peut rester insensible à la méchanceté et se bat souvent pour protéger les plus faibles. Jiro à un rève : Construire des avions. Devenu un jeune homme, il part pour la ville une fois son diplôme en poche. Alors qu’il arrive à Kanto, un tremblement de terre secoue violemment la ville. Jiro vient alors en aide à une jeune fille et sa sœur.

Plus tard, il est engagé dans une grande entreprise ou ses connaissances font merveilles. Avec son collègue et ami, Honjo, il part faire le tour du monde histoire de constater les progrès technologiques des autres pays et le retard prit par le Japon.

Milieu des années 30, alors que la guerre se prépare, Jiro retrouve par hasard la jeune femme qu’il avait aidé. Elle se prénomme Nahoko et il en tombe rapidement amoureux. C’est la début d’une histoire qui se finira tragiquement puisque la belle est atteinte de tuberculose. Dans le même temps, Jiro bouleverse l’histoire du pays à tout jamais en créant le chasseur bombardier Zero, inspiré par la technologie performante des autres pays.

Dans sa première partie, Le Vent Se Lève est un dessin animé très sombre et au ton grave rappelant Le Tombeau Des Lucioles d’Isao Takahata. On y retrouve le thème de la guerre et de la détrèsse humaine. En outre, Jiro et sa sœur ressemble physiquement beaucoup à ceux du chez d’œuvre cité ci dessus. Sauf que le personnage est ici un rêveur et un idéaliste se promettant de ne jamais travailler sur des machines de guerre, ce qu’il fera ironiquement par faire.

Hayao Miyazaki brosse le portrait d’un pays en pleine crise, en retard au niveau technologique, et regardé de haut par les autres nations, surtout Allemandes.

Pourtant, le réalisateur ne peut s’empêcher de retrouver ses anciennes habitudes, car, si, encore une fois, Le Vent Se Lève se démarque par son ton social, Hayao Miyazaki fait de fréquente apparté, nous plongeant des les rêves ou l’imagination de Jiro et renouant ainsi avec son besoin de nous plonger dans d’autres univers.

Dans ses moments la, le jeune homme est conseillé par un héros de l’aviation Italienne ou se retrouve à bavarder avec Sherlock Holmes. Peu importe que ces instants n’ait rien à voir avec la réalité (le héros de Conan Doyle devenant Ici Allemand) puisque, encore une fois, on est dans l’imagination du personnage centrale.

Miyazaki en profite pour changer la donne au niveau des bruitages, ceux ci ayant été réalisé entièrement par des voix humaines. Un effet déstabilisent au début puisqu’on voit des personnages se parler en arrière plan sans qu’aucun son ne se fasse entendre, preuve, encore une fois, que l’histoire n’est raconté que du point de vue de Jiro.

Dans la seconde partie, Hayao Miyazaki délaisse un peu l’aviation pour se concentrer sur une des plus belles et tragique histoire d’amour qui soit, celle entre Nahoko et Jiro. La jeune femme est condamné et c’est inéluctable. Tout deux le savent et décident de vivre au maximum le temps qui leur reste. Hayao Miyazaki choisit de terminer cette histoire sur une note, non pas triste, mais, pleine d’espoir ou, dans un rêve, Nahoko explique demande à son compagnon de continuer à vivre, malgré son départ.

Le Vent Se Lève n’est pas un long métrage patriotique, mais, un film remplit d’espoir et de personnages attachant, qui se termine par un bouleversant adieux d’un génie de l’animation nous encourageant à réaliser nos rèves et à garder l’envie de vivre, coute que coute.