Réalisation : Phil Lord & Chris Miller

Année : 2014

Genre : Animation

L'histoire : Emmet est un petit personnage banal et conventionnel que l'on prend par erreur pour un être extraordinaire, capable de sauver le monde. Il se retrouve entraîné, parmi d'autres, dans un périple des plus mouvementés, dans le but de mettre hors d'état de nuire un redoutable despote. Mais le pauvre Emmet n'est absolument pas prêt à relever un tel défi !

La Critique De Titi70 :

On parle souvent, à juste titre, de la piètre qualité des comédies Françaises actuels, incapable de nous faire décocher le moindre rictus, même idiot. Mais, on oublie souvent que du coté Américain, le constat n'est guère plus réjouissant. Coincé entre des films se contentant d'acumuler des sketchs sortit d'un spectacle de Jean Marie Bigard (le type qui prend du viagra pour fêter les 40 ans de son épouse) ou les responsables se croit obligé de ponctuer chaque lignes de dialogues de mots fleuris du type Bite, Nichons, Couille, et les machins construit avec du vent, il est bien difficile de trouver de quoi se marrer actuellement.

Au risque de passer pour un type difficile, je dois bien avouer que les comédies Américaines actuelles ne font pas plus rire que celle de chez nous.

Attention, je n'ai rien contre quelques gags en dessous de la ceinture si c'est bien fait, mais, quand c'est étalé sur 1h30, ça devient vite lassant.

Dans le cas de La Grande Aventure Lego, les studios ont décidé que, vu l'univers pour enfant, il fallait rester extrêmement simple. D'ou le choix logique d'aller chercher les responsables de Tempêtes De Boulettes Géantes et sa suite ainsi que de l'adaptation de 21 Jump Street.

Du coté des voix Américaines, on a du beau monde avec Will Ferrell, Chris Pratt, Elisabeth Banks, Morgan Freeman, Liam Neeson, Jonah Hill, Channing Tatum et Will Artnett. On en dira pas autant de la version Française qui voit se côtoyer Arnaud Ducret, Tal, Benoit Allemane (doubleur officiel de Will Ferrell) et Barbara Tissier.

D'emblée, les responsables choisissent de dépeindre un univers extrêmement riche et bourré de références. L'histoire se concentre sur Emmet, un simple ouvrier sans histoire, dont la vie est bouleversé le jour il rencontre Cool-Tag (Wyldstyle dans la version originale) dont il tombe immédiatement amoureux.

C'est le début d'une grande aventure ou celui qui était considéré comme un être insignifiant va devoir se montrer à la hauteur pour affronter le terrible Vitrius, grand manitou de ville et surtout dictateur tyrannique préparant un plan démoniaque.

Dés la première séquence, le ton de la parodie tous azimut est donné, et le film brasse donc le plus large possible parmi les succès du moment. Tout y passe, des super héros à l'Heroïc Fantasy façon Le Seigneur Des Anneaux et des clins d'oeil, notamment à Harry Potter. Un choix encore une fois très logique, l'univers Lego s'étant depuis quelques années enrichis avec des déclinaisons multiples surfant sur les sagas à succès (par exemple un jeu reprenant l'univers des pirates, sortit alors que la saga Pirates Des Caraïbes foncionnait à plein régime sur les écrans).

Encore une fois, les responsables décident de jouer à fond le jeu de parodie. Après tout, pourquoi pas. Sauf que ça ne fonctionne jamais.

Le duo de réalisateur avait pourtant de la matière et aurait pu s'inspirer du travail des ZAZ ou de Mel Books et nous livrer une parodie drole et inventive. Malheureusement, malgré un rythme qui nous emporte dans un tourbillon de péripéties à donner le vertige, la sauce ne prend pas, la faute à des responsables incapable d'assumer pleinement le choix de la parodie.

On sent ainsi constamment que les responsables hésitent à aller trop loin, comme si le fait de s'adresser aux enfants les cantonnait à des gags inoffensifs.

Après tout, les enfants sont bêtes et il ne faut pas faire trop compliqué. On devra donc se contenter de références du type La Nouvelle Zélande du milieu, un Green Lantern pot de colle (surtout avec Superman), un Batman ridicule qui se fait voler la vedette (et sa copine) par le héros, un personnage centrale passablement demeuré, et j'en passe.

Le résultat se situe au final plus du coté de la parodie raté et le résultat est aussi drôle qu'un épisode de Scary Movie, sans les blagues en dessous de la ceinture.

Mais, le pire est véritablement atteint lors de la scène final, ou les responsables ponctuent le tout avec une belle petite morale qu'on croirait sortit de chez Disney, rendant ce qui était jusque la une simple comédie inoffensive en véritable honte. En gros, c'est mieux quand on est ensemble, en particulier pour faire le merde.

Finalement, La Grande Aventure Lego est à l'image de sa chanson ringarde : Everything Is Awesome (en Français : Tout Est Formidable), un navet chiant et mercantile qui prend joyeusement le spectateur pour un con.

Et comme la merde, ça marche, sachez que la suite est déjà annoncé pour bientôt.