Réalisation : Yves Boisset

Année : 1975

Genre : Drame

Dupont Lajoie : affiche

L'histoire : Un cafetier parisien passe ses vacances dans un camping du Midi, à proximité d'un chantier ou travaillent des immigrés. Violente dénonciation du racisme.

La Critique De Titi70 :

Durant sa carrière cinématographique, Yves Boisset n'a jamais son coté Franc Tireur et engagé, qui l'ont souvent poussé à aborder les sujets les plus difficiles, et toujours de manière frontale.

C'est encore le cas avec Dupont lajoie ou il traite, cette fois, du racisme imprégnant la mentalité de "La France D'en Bas", celle des simples gens.

Réunissant Jean Carmet, Pierre Tornade, Robert Castel, Ginette Garcin, Isabelle Huppert, Victor Lanoux, Jean Pierre Marielle, Pascale Roberts, Jacques Villeret et Jean Bouise, le réalisateur nous invite à suivre Georges et Ginette Lajoie, qui tiennent tout deux un bistrot en plein Paris.

Couple sans histoires, ils s'apprettent, comme tout les ans, à passer leurs vacances d'été dans le camping "Beau Soleil". Accompagné de leurs fils, Léon, ils partent aux petit matin avec la caravane bien attachée au véhicule.

Sur place, il retrouve des habitués, comme eux. il y a les Colin, des vendeurs de soutien gorge dans les marchés, et les Schmacher, dont l'homme est un huissier de justice haut placé.

Rapidement, le regard de Georges Lajoie se porte avec envie sur Brigitte, la fille Colin.

L'adolescente s'en amuse, mais, est loin d'imaginer les conséquences qui vont suivre. Un après midi, alors que la fète bat son plein dans le village, Georges retrouve la jeune fille dans les fourrées et la viole.

Au cours de l'acte, un geste provoque la mort de Brigitte. Complètement paniqué, Georges la cache pret d'un baraquement rempli d'arabes embauchés pour des travaux du bâtiment.

Alors que L'Inspecteur Boulard est chargé de l'enquète qu'il s'apprette à commencer le lendemain, quelques campeurs décident de ne pas attendre et, persuadé de leur bon droit, s'en vont, munis de bâtons et autres armes, tenter de déloger ceux qu'ils considerent responsable du crime.

Jean Carmet, Isabelle Huppert dans 71075e image de Dupont Lajoie - Image de Dupont Lajoie.

A sa sortie, en 1975, Dupont Lajoie fut très mal accueilli. Déja durant le tournage, Yves Boisset connu quelques problèmes,et le réalisateur dut faire face à des manifestations d'intimidations. Pourtant, Dupont Lajoie connut un certains succès à l'époque.3

"Si tu veux aborder des sujets difficiles, compose des castings qui te protégeront", avait conseillé, un jour, un producteur à Yves Boisset.

A cours de sa carrière, le réalisateur tenta au maximum de respecter ce conseil. C'est encore le cas ici avec une pleiade de comédiens, la plupart, à contre emploi.

D'ordinaire habitué aux rôles plus léger, Jean Carmet se montre formidable dans le rôle de Georges Lajoie, un type tout ce qu'il y a de plus haïssable. D'ailleurs, le comédien mit du temps à se remettre d'un tel personnage.

A ses cotés, on trouve Pierre Tornade et Pascale Roberts, qui incarne un couple peu reluisant. D'ailleurs, aucun personnage du film ne l'est, y comprit celui incarné par Jean Bouise, qui, malgré ses réticences, finira par céder à la corruption. Yves Boisset en profite également pour égratigner le milieu télévisuel avec ce présentateur arrogant incarné par Jean Pierre Marielle, et dont le jeu est inspiré par Intervilles.

Le réalisateur scrute les cotés les moins reluisant de l'ètre humain, et signe quelques passages parfois très dérangeants, comme la scène du viol, ou la fameuse "Ratonnade " durant laquelle plusieurs campeurs vont se laisser aller à la haine.

On peut également citer la scène finale, terrifiante. Bref, malgré son âge, Dupont Lajoie reste un très grand film, toujours tristement d'actualité et porter par des acteurs extraordinaires. Un film sur le racisme à voir absolument.