Réalisation : Brian De Palma

Année : 2006

Genre : Policier / Suspense

Le Dahlia noir : affiche Brian De Palma, Mia Kirshner

L'histoire : Dans les années 40, à Los Angeles, deux inspecteurs amis dans la vie, s'attaquent à une affaire de meurtre particulièrement difficile. Une starlette vient d'ètre découverte atrocement mutilée. Sa beauté et sa fin tragique deviennent les sujets de conversation de toute la ville. Au-delà des apparences, l'enquête commence...

La Critique De Titi70 :

Si Brian De Palma à connu sa période faste dans les années 70 et 80, avec des long métrages comme Carrie Au Bal Du Diable, Blow Out ou Pulsions, le réalisateur ne semble plus être aujourd'hui que l'ombre de lui même (à l'instar d'un David Cronenberg, devenu le chouchou des médias alors que son talent est désormais en berne). 

Totalement bannis de ce que certains appelle "Le Nouvel Hollywood", le metteur en scène à désormais été relégué au rang de tâcheron par les responsables de studio.

Pourtant, lorsque son nom est annoncé pour le mise en scène de l'adaptation d'un des romans les plus culte de James Ellroy, certains se prennent à rêver que Brian De Palma se réveille enfin et retrouve son prestige d'antan.

Après tout, l'histoire se déroule dans les années 40, période que le cinéaste à déjà brillamment illustré avec Les Incorruptibles. Le moins que l'on puisse dire, c'est que le retour à la réalité fut brutale.

Pourtant, le réalisateur reunit un joli casting composé de Josh Hartnett, Scarlett Johanson, Aaron Eckart, Hilary Swank, avec les apparitions de Kevin Dunn, Rose Mc Gowan, Fiona Shaw, Jemima Rooper et Troy Evans.

L'histoire s'inspire de fait réels, l'affaire du meurtre d'une jeune starlette baptisé Elisabeth Short, surnommée Le Dahlia Noire en raison de sa coiffure, dont le corps fut retrouvé coupé en deux et vidé de son sang dans un terrain vague de Los Angeles. Un crime jamais élucidé, et qui donna lieux à de nombreuses spéculations au cours des années, jusqu'a donner matière au roman de James Ellroy.

Pourtant, dans le film de Brian De Palma (je n'ai pas lu le livre, donc, je m'en tiendrais au long métrage), cette affaire n'occupe qu'une partie de l'histoire.

Car, tout commence avec la rencontre entre deux détectives, tout deux boxeurs à leurs heures, et qui vont rapidement devenir adversaire, coéquipier et amis.

C'est d'abord sur un ring que Lee Blanchard et Dwight Bleichert surnommé Bucky vont s'affronter dans un match de boxe truqué que le second va s'arranger pour perdre.

Surnommé "le Feu " et "la Glace", les deux hommes deviennent rapidement des célébrités. Ils décident d'habiter ensemble et partage également l'amour de la même femme, la séduisante Kay Lake, qui vit avec eux.

Travaillant désormais ensemble, ils forment un duo inséparable. Tout bascule lorsqu'un type que Blanchard avait arrêté dix ans plus tôt s'apprette à être remit en liberté.

Bucky commence à voir son ami perdre les pédales, ayant de fréquents et soudains accès de colères, et se bourrant de divers drogues.

C'est dans ce climat qu'arrive la fameuse affaire du Dahlia Noire, que Bucky va devoir tenter de résoudre seul. Il ne le sait pas encore, mais la mort d'Elisabeth Short et l'enquête qui va suivre vont bouleverser à tout jamais son existence.

A la base, le roman possédait une réputation d'oeuvre compliqué à traduire en image, et le fait qu'un cinéaste de la trempe de Brian De Palma ait voulu se frotter à l'exercice est tout a fait louable. Malheureusement, le réalisateur s'est vraiment prit les pieds dans le tapis.

La casting n'est pas forcement à blâmer même si Josh Hartnett ne semble pas vraiment à sa place dans le personnage centrale, et le réalisateur soigne sa réalisation et nous offre même un court passage en caméra subjective.

Malgré tout, si les première minutes font illusion, le film devient vite brouillon et peu intéressant, la faute à un scénario qui tente maladroitement de croiser trois histoires (la loyauté entre les deux amis avec une femme désirable au milieu, le type qui sort de prison et qu'il faut empêcher de récidiver et l'affaire du meurtre d'Elisabeth Short, sans oublier le semblant d'intrigue sur les origines Allemandes de Bucky) qui se rejoignent à un moment ou on n'y comprend déjà plus rien depuis un bon moment.

Trop de personnages, la plupart du temps sans grand relief, et un film relativement lent avec une enquête qui peine franchement à passionner.

Il est facile de deviner ce qui à pu passionner Brian De Palma dans cet histoire, mais, malheureusement, le réalisateur ne parvient jamais à faire décoller son film, qui devient brouillon et porté par un héros sans carisme qui deviendrait presque agacant avec sa naïveté (en gros, tout le monde lui cache quelque chose). 

Au final, Le Dahlia Noir constitue sans doute un des pires films de Brian De Palma, une adaptation (trop ?) ambitieuse et brouillonne signé par un réalisateur autrefois si doué et qui ne semble plus être que l'ombre de lui mème.