Réalisation : Jean Dujardin - Gilles Lelouche- Emmanuelle Bercot - Fred Cavayé - Michel Hazanavicius - Eric Lartigau & Alexandre Courtès

Année : 2012

Genre : Comédie Dramatique

Les Infidèles : Affiche

L'histoire : L’infidélité masculine et ses nombreuses variations, à travers 7 sketchs signé par différents réalisateurs.

La Critique De Titi70 :

Nous sommes au début de l'année 2012, et l'acteur Jean Dujardin sort de la cérémonie des Oscars avec un Golden Globe du meilleur acteur en poche pour son rôle dans The Artist (film qui, rappelons le, a plus fait d'entrée aux États Unis qu'en France).

Alors qu'il aurait pu en profiter pour s'inserer dans le milieu du cinéma Hollywoodien (il est facile d'imaginer que pas mal de responsable de studio était pret pour l'avoir dans leur prochaine production), l'acteur choisit de rester en France et de lancer un projet dont il a eut l'idée avec un de ses complice et ami dans la vie : Gilles Lellouche, qui faisait d'ailleurs partie de ceux qui l'accompagnèrent en Amérique pour la cérémonie.

Jean Dujardin souhaite faire une comédie sur l'infidélité masculine, composé de plusieurs petites histoires autour du thème. Un projet risqué, mais, l'acteur peut compter sur sa notoriété pour faire avance les choses.

En raison d'un trop grand surcroît de travail, Jean Dujardin et Gilles Lellouche décident de confier la plupart des histoires à d'autres réalisateur qu'il connaissent bien pour la plupart. 

Sont donc choisit Alexandre Courtès, Eric Lartigau, Fred Cavayé, Emmanuelle Bercot, Jan Kounen et Michel Hazanavicius, qui, dans un premier temps, commence par refuser en raison d'un sujet avec lesquels il ne se sent guère d'affinités, avant de finalement se laisser convaincre par Jean Dujardin.

Autre proche du comédien, Nicolas Bedos qui signe son premier scénario pour le cinéma tandis que devant la caméra figurent, outre le duo d'acteurs, Alexandra Lamy, Isabelle Nanty, Geraldine Nakache, Guillaume Canet ou Sandrine Kiberlain et Manu Payet et Mathilda May.

A noter que le titre du film provient du méprise de Jean Dujardin qui, devant une affiche du film Les Infiltrés, avait lu Les Infidèles.

Bien plus que le sujet, c'est bien les sketchs qui vont poser problème, en particulier celui de Jan Kounen, finalement écarté du montage en salle par le duo en raison d'un contenu jugé trop trash. Ce segment, intitulé Ultimate Fucking, est, parait-il, disponible en DVD. Pour ma part, il ne figurait pas dans le montage que j'ai visionné, donc, je ne pourrais malheureusement pas en parler.

Autre soucis auquel les initiateurs du film ont du faire face, des affiches jugé scandaleuse par quelques cul-bénis qu'il n'ont pas du aller voir le long métrage, puisqu'elles s'inscrivent parfaitement dans l'ambiance imprégnant Les Infidèles. 

Enfin, une scène ou Dujardin culbutait une fille avec une des tours du World Trade Center en arrière plan fut également suprimée.

Le prologue et l'épilogue s'interresse à deux amis, Fred et Greg, dont la quarantaine n'empèche pas les virés et les séance de baises multiple avec des nanas de passage. Tandis que l'attitude immature du second provoque la colère de sa compagne, qui en à assez que son mec parte faire des virées toutes les nuits, les deux hommes s'interrogent sur le besoin compulsif de tromper leur femmes, avant d'en arriver à la conclusion qu'il leur faut prendre le large. Direction : Las Vegas pour une nuit à l'issue inattendue qu'il ne sont pas prêt d'oublier.

Entre les deux parties de cette histoire viennent donc se glisser plusieurs petits sketchs que je vous propose d'évoquer un par un.

La Bonne Conscience est signé Michel Hazavicius et se déroule durant un séminaire d'entreprise. Parmi les employés se trouve Laurent, un homme mariée et queutard invétéré, qui va aller de déceptions en désillusions et finira seul, malgré ses tentatives, dont la dernière avec Christine, sa collègue la moins attirante, qui le rejettera avant de foutre de lui le lendemain, face au meilleur vendeur de la boite, qui enchaîne les conquêtes malgré le fait qu'il soit en fauteuil roulant.

Jean Dujardin excelle dans ce rôle de dragueur ringard (le summum est atteint avec la blague qui n'en finit pas au point de saouler tout le monde) et finalement attachant et pathétique dans sa solitude et son besoin de sexualité à outrance (il est obligé de se masturber parce qu'il ne trouve pas de fille), tout cela face à ce personnage handicapé qui emporte tout les suffrages.

Malheureusement, le résultat peine à convaincre malgré les qualités de Jean Dujardin, parfait dans ce personnage à contre emploi et qui finit malgré tout par agacer.

On retrouve un peu le même schéma et le même problème dans Lolita, signé Eric Lartigau, à la différence qu'ici, il s'agit d'un homme, incarné par Gilles Lellouche, qui trompe sa femme avec une adolescente. Mais, durant une soirée, il va devoir faire face au fossé générationnel qui les sépare et au regard des autres.

Encore une fois, le personnage s'avère pathétique dans son désir de paraître jeune et se rendra compte de la bêtise de sa démarche. A noter qu'on retrouve Jean Dujardin en type qui, lui, réussit à rester jeune.

Mais, la meilleur histoire est sans nulle doute la troisième, appelé Les Infidèles Anonymes, qui met en scène Sandrine Kiberlain en responsable d'une thérapie sur l'infidélité. On y retrouve des personnage croisé dans des mini sketchs précédents comme Thibault, incarné par Guillaume Canet (qui doit chasser sa maîtresse alors que sa femme arrive et finit par balancer son chien par la fenêtre dans une scène rappelant celle de Mary A Tout Prix) ou Simon, joué par Manu Payet (surprit par son gosse en pleine séance de bondage) et Bernard, incarné par Gilles Lellouche, qui se retrouve, lui aussi, dans une situation gênante.

Des petits sketchs déjà drôles, mais, ce n'est rien en comparaison de cette troisième histoire avec une équipe d'acteurs en forme (il faut voir Cannet en lèche botte ou Kiberlain et son fameux test). Sans doute le sketch le plus hilarant pour moi dont on retrouve un bout avant le générique de fin avec les mêmes personnages faisant une chorale.

Sans aucun doute le sketch le plus grave, La Question permet de retrouver Jean Dujardin et Alexandra Lamy, le couple de la série Un Gars, Une Fille, mais, avec un ton à l'opposé de leur programme puisqu'ils incarnent un couple qui, à l'issue d'une soirée avec un couple d'amis, en vient à se poser des questions sur sa propre fidélité. S'ensuit évidemment des révélations, une dispute et, surtout, le fait de découvrir qu'après des années de mariage, chacun tient encore beaucoup à l'autre. Un sketch très beau, mis en scène avec beaucoup se de sensibilité par Emmanuelle Bercot.

L'épilogue dont j'ai déjà parlé viendra clôturer le film de façon inattendue, avec une scène appelé à devenir culte ou Gilles Lellouch fait une sodomie à Jean Dujardin.

Au final, un film à sketch plutôt réussi et amusant, parfois provocateur, mais, aussi déséquilibré par des sketchs de qualité variable (c'est le lot de la plupart des films à sketchs). Seule petit regret, que le duo ne cherche pas à approfondir le sujet de l'infidélité et se contente d'en faire une comédie amusante; mais, inoffensive. Mais, en l'état, c'est tout à fait recommandable.