Crée par Jacques Ouaniche

Année : 2010

Genre : Drame / Suspense

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L'histoire : La vie d'occupantes d'une maison close réputé baptisé Le Paradis, dans le Paris au début du 19 ème siècle : Véra, la plus ancienne qui s'apprette à quitter l'endroit, Rose, qui recherche sa mère, Angèle, maqué à un truand et Hortense Gaillac, la gérante qui tente de résister à son ambitieux frère, propriétaire des lieux. 

La Critique De Titi70 :

Dans l'univers sclérosé de la série Française Actuelle, les seuls à tirer leur épingle du jeu sont les responsables de la chaîne Canal +, qui ont créé des séries vraiment original et qui ne souffrent guère de censure, en témoigne la série Braquo ou Maison Close dont je vous propose d'évoquer, aujourd'hui, la saison 1.

A l'origine, l'idée de cette série vient du réalisateur, producteur, et scénariste Jacques Ouaniche (producteur, notamment, du film L'Esquive) qui, quelques années plus tôt, avait imaginé, "une jeune fille piégée, contrainte de se prostituer dans un bordel de luxe à la fin du 19e siècle".

Comme pour d'autres séries de Canal +, la mise en scène des épisodes se partagent à trois. Ainsi, les trois premiers sont signé Mabrouck El Mechri, les suivants, Jacques Ouaniche et les derniers, Carlos Da Fonseca Parsotam.

La série met en scène Valerie Karsenti en maquerelle impitoyable (et donc, bien loin de son rôle de Liliane dans Scènes De ménages), Jemma West (qui à, depuis, été à l'affiche de Mortal Instuments), Blandine Bellavoir (que certains connaissent peut être pour son rôle dans la série Plus Belle La Vie), Caroline Cosmalin ( vu en femme nymphomane amoureuse de Richard Berry dans 15 Aout), Anne Charrier (aperçue l'année dernière dans la comédie La Stratégie De La Poussette), et la participation de Dany Verissimo (égérie du cinéma érotique des années 90 avant de devenir une actrice fétiche de Luc Besson) et Nicolas Briançon.

A noter que, si la série est interdite aux moins de 12 ans, les 3 premiers épisodes bénéficient d'une interdiction aux moins de 16 ans.

Pas étonnant quand on sait que la première image de l'épisode 1 nous montre une femme en plein ébat sexuel avec un homme, dans un passage qu'on dirait tiré d'un film érotique.

Sauf qu'on découvre rapidement qu'il n'est nul question d'amour, dans ce bordel bien mal baptisé Le Paradis. Car, les filles y travaillent pour payer leurs dettes, et sont parfois soumise au sévices des clients, comme cette pauvre fille qui aura le visage brûlée ou le viol dans l'épisode 3. Un univers sale et glauque, mais, surtout, sans espoir.

De son coté, la maquerelle, Hortense Gaillac, épie l'attitude de ses filles pendant l'acte, en guettant par des petites fissures dans les murs. Comme le dit l'une des filles pour définir sa patronne : "Hortense, c’est un cœur de collégienne et une tête de maréchal ».

Il faut dire que la responsable des lieux à de gros soucis : En particulier le départ imminent de l'élue de son coeur, Vera, qui s'apprette à épouser un riche baron prêt à payer ses dettes.

En désespoir de cause, elle profite d'une discussion avec Brise Caboche, le fiancée d'Angèle, une des pensionnaires, pour lui proposer un assassinat.

Par la suite, Vera, contrainte de rester au Paradis, s'emploiera à relancer la police au sujet de ce meurtre, persudée qu'il à été commandité par Hortense.

Pendant ce temps, une jeune fille à peine sortie du couvent, et nommé Rosalie, rèste assise devant la maison close, espérant retrouver sa mère, avant son mariage, une semaine plus tard.

Forte, rebelle et combative sous des dehors fragiles, Rosalie va se retrouver piégé par un riche noble et doit se résoudre à travailler dans le bordel pour payer une soi disant dette. Mais, la jeune fille n'est guère décidé à se laisser exploiter.

Rebaptisée Rose et abandonnée par son fiancé (qui reviendra la chercher quelques épisodes plus tard, et qu'elle rejettera après l'avoir mit face à sa lâcheté), le jeune fille résiste jusqu'à l'arrivée de Pierre Gaillac, le frère d'Hortense.

Ce dernier parviendra finalement à la soumettre, après lui avoir expliqué que, si son corps était à vendre, son coeur et son âme demeurait intouchables, un conseil dont elle saura parfaitement se souvenir le moment venu.

De son coté, Hortense et son frère entretiennent une relation difficile et mouvementée. Le second est propriétaire des lieux, ce qui relègue sa soeur au poste de gérante. Mais, Hortense souhaite plus que tout se débarrasser du bordel. Tandis qu'elle espère se venger de son frère (qu'elle déteste pour une raison qui ne sera dévoilée que dans les derniers épisodes), ce dernier, ivre d'ambition, compte utiliser l'établissement à des fins personnels. Mais, les choses vont prendre une autre tournure.  

Extrêmement sombre et sans concession, cette première saison de Maison Close est, avant tout, porté par des personnages fort, joué par un casting de haut vol (en particulier Jemma West, dont la transformation de fille innocente en prostitué rebelle et revancharde est incroyable).

Les responsables ne lésinent jamais sur la violence, ou sur un langage parfois très cru ("Tu accepterais une fille à la chatte limé par toutes les queues de la capital ? lance Rose à son ancien compagnon; "Elle est droguée, qu'est ce qu'on fait ? - Au moins, elle baise, lance Hortense, la maquerelle) et c'est parfois une des faiblesses de la série, tant la façon de s'exprimer ne colle pas toujours à la période ou se déroule l'histoire.

Il en va, d'ailleurs, de même avec la musique. Le premier épisode s'ouvre sur du pop/ rock pas vraiment de mise à la fin du 19 ème siècle.

Enfin, toujours concernant le premier épisode, on regrettera certaines scènes raté (l'assassinat du baron en accéléré) qui, heureusement, ne se reproduisent pas par la suite.

Si, au risque de me répéter, la série est très sombre, les auteurs prennent carrément le risque de renforcer le climat déjà pesant dans les deux derniers épisodes de cette saison 1, en abordant un thème aussi sensible que la pédophilie.

On assiste ainsi au manque de scrupules de Pierre Gaillac, prêt à prostituer une gamine d'à peine dix ans pour satisfaire un riche client qui lui assurera le succès.

Vous l'aurez comprit, avec Maison Close, les responsables ont le mérite de ne s'embarrasser d'aucuns tabou et d'aborder frontalement leur sujet. Certains trouveront sans doute la série austère, et le rythme trop lent, mais, les histoires sont suffisamment bien écrites pour tenir en haleine jusqu'au bout de cette première saison, se concluant par une image riche de promesse pour une saison 2 que j'aborderais prochainement sur ce blog.