Réalisation : Martin Scorcese

Année : 2011

Genre : Aventure

Hugo Cabret : Affiche

L'histoire : Dans le Paris des années 30, le jeune Hugo est un orphelin de douze ans qui vit dans une gare. Son passé est un mystère et son destin une énigme. De son père, il ne lui reste qu’un étrange automate dont il cherche la clé - en forme de cœur - qui pourrait le faire fonctionner. En rencontrant Isabelle, il a peut-être trouvé la clé, mais ce n’est que le début de l’aventure…

La Critique De Titi70 :

Cela faisait quelques années déjà que Martin Scorcese souhaitait réaliser un film pour enfant. La raison ? Tout simplement le fait que sa fille, Francesca, née en 1999, ne pouvait voir aucun de ses long métrages, à cause de son jeune age.

Lorsqu'un producteur lui envoie le roman L'Invention de Hugo Cabret, écrit par Brian Selznick, c'est le coup de foudre immédiat. Avec un tel réalisateur au commande, inutile de préciser que le projet se monte rapidement.

Les premiers à rejoindre le casting sont Ben Kingsley et Sacha Baron Cohen, tout deux convoqué dans le bureau du metteur en scène. Le premier se voit confié le rôle du cinéaste Georges Méliès, et le second, celui d'un inspecteur de gare.

Pour incarner le personnage en  titre, Martin Scorcese engage Asa Butterfield, jeune comédien qu'on retrouvera deux ans plus tard, toujours dans un premier rôle pour une autre adaptation, celle de La Stratégie Ender.

Pour lui donner la réplique dans le premier rôle féminin du film, Martin Scorcese opte pour une autre jeune star montante du cinéma : Chloé Grace Moretz.

Figure également au casting Christopher Lee, dans le rôle d'un blibliotecaire, Ray Winstone qui incarne l'oncle d'Hugo Cabret tandis que Jude Law apparaît en père défunt lors des flash back de l'enfant.

A noter que Martin Scorcese se permet une petite apparition en photographe lors de la scène finale et que Francesca, sa fille, bénéficie également d'un court passage (elle incarne une enfant assise à un café).

L'histoire se passe dans les années 30, à Paris, plus précisément dans une gare. C'est la que vit, à l'insu de tous, un jeune garçon nommé Hugo Cabret.

Un orphelin adopté par son oncle qui disparu peu après. Depuis, l'enfant effectue le travail de ce dernier, sans que jamais personne ne se doute de la supercherie.

Mais, le rêve secret d'Hugo, c'est de pouvoir faire fonctionner un robot que son père et lui avaient acheté. Seulement, il lui manque une pièce essentielle, que semble détenir Isabelle, une jeune fille adopté par un couple étrange et avec laquelle le garçon devient rapidement amis.

Ce court résumé cache en fait le véritable sujet d'Hugo Cabret, et celui qui a donné envie à Martin Scorcece de se lancer dans cette adaption, puisque le film parle avant tout de cinéma, et se pose comme un hommage aux oeuvres de Georges Meliès,  père d'une forme de long métrage faisant appel à l'imaginaire.

Évidemment, en bon fan du metteur en scène et en amoureux du cinéma en général, impossible que ce sujet n'attire pas le réalisateur des Affranchis.

Mais, Hugo Cabret illustre également une galerie de personnages, parfois pittoresque, dont la plupart ont pour point commun un désir de changement dans leur existence. Que ce soit le jeune héros qui souffre de sa solitude, le chef de gare qui recherche l'amour ou Isabelle qui rêve désespérément d'aventure, ils sont tous, encore une fois, à la recherche de ce qui pourrait donner du sel à leur vie.

Quant au couple Meliès, ils ont totalement perdu la joie de vivre. A ce titre, le film parle notamment de l'évolution du cinéma et du fait que le personnage de Georges Meliès ne se soit plus sentit en phase avec les nouveaux goûts du public.

Une peur qu'on en commun beaucoup de cinéastes et dans laquelle pointe également l'amour d'une forme de cinéma, aujourd'hui révolu, et un appel au retour du rêve et de la magie.

Au niveau du casting, c'est peut dire qu'Asa Butterfield se montre à la hauteur du personnage, tant son physique et son jeu s'adapte parfaitement à Hugo Cabret. Malheureusement, on ne pas en dire autant de sa partenaire, Chloé Moretz, qui écope d'un personnage beaucoup plus superficiel et sur lequel le scénario ne dévoile finalement pas grand chose (on ne saura jamais ce qui est arrivé à ses parents, ni, qui ils étaient). Malgré tout, sa complicité avec Asa Butterfield arrive à faire passer un jeu un peu trop figé.

De son coté, Ben Kinglsey effectue avec le rôle de Georges Meliès une de ses meilleurs performance tant il parvient à s'impregner totalement du rôle, avec un plaisir evident.

Quant à Sacha Baron Cohen, il prouve, avec ce personnage effrayant, amusant, mais, aussi parfois, émouvant, qu'il demeure un excellent acteur, bien plus doué que ce que ne laisse présager son étiquette réductrice d'amuseur public.

Le rèste du casting est tout assi bon, notamment Jude Law, même si son temps de présence est limité.

Au final, avec son Paris de carte postal évoquant parfois le Jean Pierre Jeunet du Fabuleux Destin D'Amelie Poulain, impression renforcé par des personnages décalées, Hugo Cabret est une invitation à la magie, un film visuellement très aboutit et dans lequel interviennent des comédiens investit et très juste. Bref, un très bon film pour tout les publics.