Année : 2012

Genre : Horreur

L'histoire : Lorsqu'une bande de délinquants adepte des vidéos trash balancé sur Youtube franchit les portes d'une maison au milieu de la nuit dans le but d'honorer un juteux contrat visant à ramener une étrange cassette vidéo, ils sont loin de se douter de la tournure que va prendre ce périple, et de ce que leur résèrve le visionnage de plusieurs vhs.

La Critique De Titi70 :

Depuis plusieurs années, la mode du found footage bat son plein, pour le meilleur (Rec 1 & 2), comme pour le pire (la saga Paranormal Activity, mais, on peut citer également Les Chroniques De Tchernobyl, tout deux imputable à Oren Peli).

Mais, personne n'avait osé songer marier ce genre très lucratif avec celui du film à sketch. C'est désormais chose faite avec l'antologie V/H/S, dont le succès à rapidement enclenché la création d'une véritable saga avec une suite mise en chantier dans la foulée. D'ailleurs, un troisième épisode est actuellement en préparation.

Ce qui parait logique tant ce genre de film ne coûte pas cher à tourner et peut rapporter gros. L'idée de ce film à sketchs provient de Brad Myska, le responsable d'un des sites sur le cinéma d'horreur les plus populaire aux Etats Unis.

Ce dernier à alors l'idée de réunir la jeune génération du cinéma de genre pour une anthologie ou chacun pourra laisser libre court à son talent à travers des sketchs. Sont donc recruté Ti West, David Bruckner, Glenn Mc Quaid, Joe Swanberg et les membres du collectif Radio Silence (passé au long métrages récemment avec The Baby, ou les angoisses d'un père en found footage).

Quand à Adam Wingard, le futur metteur en scène de You're Next s'occupe du segment centrale, celui qui relie toutes les histoires, élément obligatoire à toute bonne anthologie qui se respecte.

On découvre donc le quotidien d'une bande de zonards tentant de survivre en tournant des vidéos trash qu'il balance ensuite sur Youtube. Un exemple : Cette première scène du film ou il se jette sur une jeune femme dans un parking, et commence à la violer sous l'oeil de la caméra.   

Mais, le chef du groupe à une autre projet plus important, un contrat qu'il doit remplir avec sa bande et pour lequel il doit être bien payé. La mission est simple : Rentrer dans la demeure d'un type au milieu de la nuit et voler une vidéocassette bien précise. Sauf que les choses ne vont se dérouler aussi facilement. Première surprise : Le type en question est allongé dans un canapé et semble sans vie. Autre soucis : la pièce principale est remplit de vhs. Les gars vont devoir visionner une par une les cassettes dans l'espoir de trouver la bonne.

Cette entrée en matière installe doucement une ambiance mystérieuse, prélude parfait à la première histoire : Amateur Night, signé David Bruckner.

Autant le dire, les premières minutes de ce premier sketchs font peur, et pas forcement dans le bon sens du terme. On se croirait dans un remake de Projet X avec cette bande de copains prêt à tout pour s'éclater et dont on suit les tribulations. Pour cela, ils ont doté un de leur camarade d'un gadget : Une petite caméra miniature caché dans une paire de lunettes.

Les amis partent donc en virée, dans le but de trouver une ou plusieurs filles qu'il ramèneront à l'appartement pour tourner un porno improvisé et non soft.

Après un premier essais dans une boite de nuit, les amis atterrissent dans un endroit un peu plus glauque. C'est la que celui qui filme croise pour la première fois une fille étrange aux yeux presque exorbité et qui se contente de lui répéter la même phrase : "Je T'Aime Beaucoup".

Malgré le comportement de la jeune femme, les amis décident de l'emmener avec eux dans l'appartement. Grossière erreur dont il ne comprendront la gravité que trop tard.

Encore une fois, le début de ce sketch est assez moyen. Mais, l'apparition d'Hannah Flerman, qui incarne Lily, la fille bizarre, change considérablement la donne. Doté d'un physique rappelant un peu celui d'Angela Bettis, le jeune femme au regard froid semble sans vie et son attitude installe immédiatement le malaise. Dés sa première apparition, on sent que le groupe à commit une bétise en l'emmenant.

Les dernières minutes plongent dans la nécrophilie avec des scènes parfois bien gore, notamment à base d'éventration. Dommage qu'au final, le réalisateur ne puisse en dévoiler plus sur la créature, par manque de temps.

Le second segment est probablement celui qui divise le plus les opinions. Il s'agit de Second Honeymoon signé Ti West, déjà responsable de long métrages plebiscité (surtout par Mad Movies) comme The House Of The Devil.

La style du bonhomme ne plaît pas à tout le monde, ce dernier étant connu pour prendre son temps afin d'installer l'angoisse. Avec ce second sketch, il signe également la seul histoire non surnaturelle de l'anthologie, préférant s'inspirer du Giallo, l'ancètre Italien des Slashers Américains. Il en reprend même une des images fétiches, lorsqu'une personne s'introduit dans la salle de bain, affublé d'un masque en plastique montré face caméra.

Dans Second Honeymoon, on suit un couple partit à l'aventure et ayant décidé de tenir un journal de bord filmé de leurs aventures. Fidèle à lui même, le réalisateur prend son temps pour raconter son histoire. Pourtant, lorsqu'une gamine bizarre qu'on ne verra jamais distinctement vient frapper à la porte de la chambre d'hotel du couple, il est facile de présentir que quelque chose se prépare. Et si tout cela avait un rapport avec les prédictions qu'a reçu la jeune femme peu avant ?

Comme pour le précèdent sketch, peu d'explication sur les dernières minutes. Sauf qu'il s'agit, cette fois, d'un retournement de situation et que, sans explication, ce dernier tombe un peu comme un cheveux sur la soupe.

Avec Tuesday the 17th, le réalisateur Glenn Mc Quaid ne cherche visiblement pas à nous impressionner ou même à faire peur. Son sketch s'apparente plus à un hommage potache aux Vendredi 13, avec ce groupe de jeune partit camper en foret, à l'invitation d'une de leur camarade qui compte les utiliser comme appât pour piéger un étrange tueur l'ayant traumatisée dans son enfance.

Beaucoup plus gore que les précédents segments, très fun malgré un manque totale de surprise au niveau de l'histoire, Tuesday the 17th demeure un sketch amusant, a défaut d'être véritablement inoubliable. Reste un personnage de tueur plutôt bien fichu, ce dernier étant une forme mal définit tout en pixels, raison pour laquelle le psychopathe ne peut être filmé.

Original, le segment signé Joe Swanberg l'est assurément. Filmé intégralement sous la forme d'un chat, il affiche pourtant un point de départ digne d'un épisode de Paranormal Activity avec cette jeune femme se plaignant d'evenements étranges à son compagnon, étudiant en médecine. La présence d'un fantôme renforce d'ailleurs cette impression. Sauf que le réalisateur parvient à prendre totalement à revers le spectateur lors d'un twist inatendu et franchement bien vu.

Encore une fois, dommage que la durée du segment empêche d'approfondir ce twist. On termine avec 10/31/98, signé par le Collectif Radio Silence. Un titre mystérieux qui cache en fait une simple histoire de maison hanté mélangé à de la possession. Des amis se rendent à une fête pour Halloween et vont se retrouver au beau milieu d'un sacrifice rituel avant que les esprits hantant la demeure dans laquelle ils sont venus se déchaînent.

Rien de foncièrement original dans ce segment qui fonctionne malgré tout grâce à quelques images marquantes (la fenêtre de la porte d'entrée qui rétrécit, les mains qui sortent du mur). 

En règle général, les responsables de cette anthologie n'ont pas pour ambition de révolutionner le genre, mais,  se contente d'apporter leur modeste contribution au cinéma qu'ils aiment. Si V/H/S demeure parfois quelque peu bordélique au niveau de sa réalisation (le film n'évite pas tout les poncifs du genre comme la caméra tremblotante ou le montage saccadé), le résultat transpire surtout d'un profond respect et d'un réel amour pour le cinéma d'horreur.

Au final, les initiateurs de cette anthologie ont comme unique but de nous offrir exactement ce qu'on est venu chercher, à savoir des frissons, du gore et du trash. C'est la limite de ce film à sketch, mais, à l'heure ou le cinéma d'horreur traverse une véritable crise d'inspiration, ça fait du bien de voir une oeuvre horrifique, certes pas parfaite, mais qui s'assume comme tel.