Année : 2013

Genre : Horreur

V/H/S/2 : Affiche

L'histoire : Un couple de détectives privés se voit confié la mission de retrouver un adolescent, dont les dernières traces de vie semblent mener à une maison isolée. A l'interieur de la bâtisse, le couple trouvent des cassettes vidéos que la femme va devoir visionner pour tenter d'en savoir plus sur cette étrange disparition.

La Critique De Titi70 :

Le succès de V/H/S, en 2012, appelait logiquement le lancement d'une suite, qui fut tourné dans la foulée de la sortie du premier épisode. Comme je l'ai déjà écrit pour le premier film, ce genre de produit ne coute pas chère à tourner. En plus, les responsables peuvent cette fois miser sur le succès de l'opus 1, et sur une formule inventé à cette occasion : l'antologie en found footage.

Au niveau des réalisateurs invité, on trouve notamment Adam Wingard, qui rempile une seconde fois, Simon Barrett, qui signe la réalisation de l'épisode fil rouge, Eduardo Sanchez et Greg Hale, respectivement réalisateur et producteur de ce qu'on peut considérer comme un film matriciel pour le genre du found footage, à savoir Le Projet Blair Witch, Gareth Evans, le réalisateur de The Raid 1 &  2 qui s'associe avec Timo Tjahjanto, et enfin, Jason Eisener, réalisateur de Hobo With A Shotgun, sortit chez nous en dvd il y a quelques années.

Nommé Tape 49,  le fameux fil rouge est concentré sur un couple de détéctives privés chargé par une femme de retrouver son fils adolescent. Il se rendent dans une demeure abandonné ou l'adolescent à été vu pour le dernière fois. Il s'agit évidemment de la baraque du premier film, et, comme dans ce dernier, le couple trouve notamment des cassettes vidéos. Dans le but d'en savoir plus, la femme commence à visionner les bandes.

On ne peut pas franchement dire que cette partie apporte quelque chose de nouveau par rapport au premier épisode, tout juste découvrons on nous ce qu'on pouvait aisément deviner avec le premier film, à savoir que le visionnage de chaques vidéos provoque un effet hypnotique et indésirable sur le spectateur, ce dernier se sentant obligé de continuer jusqu'a ce qu'il lui arrive quelque chose de fâcheux. Pour le reste, ce fil rouge n'est guère coherent avec celui de son modèle. 

Le premier sketch, Phase I Clinical Trials, est donc signé Adam Wingard, qui s'octroie également le rôle principal, et raconte l'histoire d'Herman, un riche bonhomme qui, suite à un accident de voiture perd un oeil. Un médecin lui propose alors une technique révolutionnaire : Implanter une caméra miniature à la place de l'organe. Herman se retrouve donc avec une puce implanté dans le crane et une caméra branché sur son cerveau, 24 h sur 24. D'emblée, le médecin le prévient d'eventuels effets secondaires qui ne vont, d'ailleurs, pas tarder à se produire quand Herman commence à voir des fantômes menaçant dans son appartement. C'est grâce à la présence d'une femme, opéré, elle, d'une oreille, qu'il en découvrira plus, mais, cela suffira il ?

Le point de départ est donc plutôt original, malheureusement, on bascule vite dans le film de fantômes basiques et sans surprise, avant une fin complètement raté et stupide. Assurément, le plus faible des sketchs de cette suite, d'autant qu'Adam Wingard se révèle franchement un mauvais acteur.

On reste dans l'originalité, du moins sur la forme, avec la seconde histoire, A Ride In A Park, signé, donc, Eduardo Sanchez & Gregg Hale. Sur le papier, le duo nous propose une classique histoire d'invasion de zombies à la Georges Roméro. Pas de quoi s'exciter, en somme. Sauf que l'ensemble est filmé du point de vue d'un cycliste qui dispose d'une caméra sur son casque, et se fait mordre. Il devient donc un mort vivant, toujours sous l'oeil de la caméra, et part attaquer les malheureux qui aurait la malchance de croiser son chemin. Le zombie fait donc quelques victimes, dont un couple, avant d'arriver à proximité d'une maison ou une famille fête l'anniversaire de la petite dernière. Autant dire que la fiesta va rapidement virer au rouge sang. Une idée simple parfaitement exécuté, notamment lors d'une scène extrêmement gore ou notre mort vivant ouvre le ventre d'une victime pour en sortir ses tripes dans lesquelles il mort à pleines dents, tout cela évidemment en gros plan. Assurément le genre de scène qui aurait plu à Lucio Fulci.

Si le procédé perd un peu de sa force après l'attaque de la fête d'anniversaire, A Ride In A Park s'avère tout de même un sketch bien maîtrisé et plutôt fun.

Avec Safe Haven, du duo Garrett Evans/Timo Tjahjanto, on aborde ce qui reste sans doute le segment le plus glauque, choquant et sanglant de ce second opus. L'histoire se concentre sur une équipe de journaliste qui s'en vont visiter un bâtiment abritant une secte. Ils vont y découvrir les pratiques pédophiles du gourou (une petite fille commence à raconter fièrement l'experience au journaliste avant d'être interrompu) et la mainmise de ce dernier sur ses adèptes, ceci avant d'assister carrément à la venue de l'antechrist lors d'une scène d'apocalypse très sauvage.

A l'évidence, le duo de metteur en scène à voulu profiter de la liberté de ton de la franchise pour aller le plus loin possible. En résulte un segment complètement barré, terrifiant et qui parvient à instaurer le malaise, notamment lorsque le gourou se justifie le plus naturellement du monde de ses fameux actes pedophiles.

Malheureusement, Safe Haven part quelque peu en vrille lors de la fameuse apocalypse, les auteurs multipliant tellement les point de vue qu'on ne sait plus vraiment qui fait quoi. L'autre soucis est l'apparition d'une créature démoniaque franchement risible, et une note finale dédramatisant la situation à coup d'humour noir. Malgré tout, le segment possède de nombreux atouts, notamment certaines scènes qui devrait plaire aux fan de jeux vidéo avec des zombies du type Resident Evil.

Slumber Party Alien Abduction, de Jason Eisener, nous propose, comme son titre l'indique, une histoire d'extrerrestre dans la grande tradition de certaines production des années 80. On suit donc une bande de copains, livré à eux même durant deux jours, et qui, dans un premier temps, joue des farces à tout le monde, en particulier la soeur d'un des gosse et son petit ami.

Sauf, qu'au milieu de la nuit, une énorme explosion retentit avant que des aliens très moche ne surgisse et tente d'enlever tout le monde. Commencent à la manière d'une film Amblin (en particulier Goonies, dont on retrouve la bande de copains, et certains gags en dessous de la ceinture, comme lorsque la soeur, pour se venger, filme son frère en train de s'astiquer en jouissant au milieu du salon), le sketch vire rapidement à une version live de La Guerre Des Mondes. 

Mais, si ce sketch aurait pu être très réussi, il souffre d'un coté bordélique empêchant de pleinement profiter de l'action, l'idée de placer la caméra sur le chien de la famille n'étant pas franchement très bonne. En outre, la dernière image risque de s'averer difficile pour les amoureux des animaux.

Malgré ses sketchs, dans l'ensemble plutôt agréable, V/H/S 2 s'avère beaucoup moins reussi que son modèle. Certes, le résultat n'est pas honteux, mais, il manque cruellement de surprise par rapport au premier épisode. Alors que les realisateurs avait su rivaliser d'idée sur l'opus 1, notamment sur en jouant avec le principe du found footage, ce n'est plus le cas ici.

Reste un film appréciable, mais, encore une fois, qui manque surtout cruellement de surprise et d'idées, la preuve étant que le thème du zombie revient à trois reprises dans le long métrage.  En esperant que les réalisateurs du troisième épisode, qui doit arriver sous peu, sauront corriger cela.