Réalisation : Tommy Lee Jones

Année : 2014

Genre : Western

L'histoire : En 1854, trois femmes ayant perdu la raison font le voyage avec une pionnière forte et indépendante, direction une maison spécialisé dans l'Iowa. Sur sa route, la femme croise, par hasard, le chemin d'un rustre vagabond qu’elle sauve d’une mort imminente.  Ils décident alors de s'associer afin de faire face, ensemble, à la rudesse et aux dangers qui sévissent dans les vastes étendues de la Frontière.

La Critique De Titi70 :

Genre devenu très rare aujourd'hui, le western est, en général, méprisé par les grands studios qui le considèrent comme dénué d'un quelconque potentiel commercial. Pourtant, contre toute attente, certains acteurs, amoureux du genre continuent d'y croire, au point de prendre parfois de gros risques lorsqu'ils passent à la mise en scène. Je pense, notamment, à Kevin Costner qui, lorsqu'il se lança dans la réalisation d'Open Range, du mettre sa maison et ses biens en hypothèque pour assurer le financement de son film, aucun grand distributeur n'acceptant de le suivre.

Succédant à ce dernier ou à Clint Eastwood, c'est, aujourd'hui, à un autre grand acteur Américain que l'on doit de rendre un hommage à ce genre, il s'agit de Tommy Lee Jones.

Pour sa troisième réalisation, la première étant un téléfilm baptisé The Good Old Boys en 1995, puis, le long métrage multi récompensé Trois Enterrements, l'acteur décide d'adapter un roman sortit à la fin des années 80, qui apparaîtra chez nous sous le titre Le Chariot Des Damnés, avant de ressortir au mois de mai de cette année sous son titre original, à savoir The Homesman, également le nom du long métrage.

The Homesman : Photo Hilary Swank, Tommy Lee Jones

Tommy Lee Jones n'est d'ailleurs pas le seul à s'être intéressé au projet. Avant lui, ce fut Paul Newman qui devait réaliser un film et en tenir le rôle principal, puis, Sam Shepard s'interressa également à l'adaptation. Mais, dans les deux cas, les producteurs refusèrent de suivre.

C'est donc sous la tutelle de Luc Besson, ici producteur et distributeur du film via sa société Europa, que Tommy Lee Jones parvient à monter le projet. Les deux hommes se connaissent bien, le réalisateur Français occupant déjà les mêmes fonctions sur le premier film de l'acteur, Trois Enterrements. En outre, Tommy Lee Jones fut également une des tètes d'affiche de Malavita, le dernier film de Luc Besson. 

A l'instar de ses collègues Clint Eastwood ou Kevin Costner, Tommy Lee Jones décide d'incarner le premier rôle et de s'entourer de comédiens souvent reconnus, mais, pas forcement toujours bien représenté à Hollywood. Figure donc au casting Hillary Swank, John Lithgow, James Spader, Meryl Streep, William Fichtner, Miranda Otto, Tim Blake Nelson, ou la jeune Hailee Steinfeld, révélé il y a quelques années par un autre western, celui des Frères Cohen, True Grit.

A noter qu'hormis Hillary Swank, les autres acteurs cité n'apparaissent que quelques minutes à peine, et souvent dans une seule scène.

L'histoire se situe au 18 ème siècle, et se concentre sur Mary Beth Cudy, une femme vivant seule dans une petite demeure un peu isolée ou elle s'occupe de sa modeste ferme. Sa solitude est plus dicté par les circonstances de la vie que par un véritable choix. D'ailleurs, Mary Beth Cudy reverrais de pouvoir fonder un foyer. C'est, d'ailleurs, ce qu'elle propose à son unique visiteur, un jeune soldat qui vient lui tenir compagnie le soir. Mais, la réputation de la femme, soi disant forte et indepandante, fait peur au hommes en général.

Au mëme moment, une étrange épidémie se répand dans le village voisin. Trois femmes de bonnes tenues perdent soudain la tète et adoptent des comportements dangereux. L'une d'elle ira jusqu'a balancer son foetus dans la cuvette des toilettes. Malheureusement, face à ce cas délicat, aucun remède n'existe hormis un placement dans un établissement spécialisé qui se retrouve à 3000 km de la. Encore faut il accepter de faire un tel voyage. Alors que personne ne veut se porter volontaire, c'est finalement Mary Beth Cuddy qui se désigne elle même.

En chemin, elle rencontre un hors la loi un peu vieillissant nommé Georges Briggs. Sans bien y réfléchir, elle lui propose de l'accompagner en échange d'une forte somme d'argent. Ce dernier accepte et le voyage commence, durant lequel les deux êtres, d'ordinaire solitaires, vont progressivement s'attacher l'un à l'autre.

Personnellement, je dois bien avouer que, si j'apprecie Tommy Lee Jones en tant que comédien, je n'avais pas du tout accroché à Trois Enterrements, son premier film.

Mais, le comédien réalisateur a au moins le mérite de posséder un style bien à lui, qu'on y adhère ou pas. C'est encore le cas ici ou The Homesman, malgré sa séléction officielle au dernier festival de Cannes, continue de diviser les opinions.

Indéniablement, Tommy Lee Jones à retenu la leçon de certains de ces aînées et opte pour une oeuvre beaucoup plus basé sur la force de ces personnages que sur les péripéties. Ainsi, toute la première partie s'articule uniquement autour de l'évolution des relations entre Mary Beth Cuddy et Georges Briggs. Malgré sa condition, ce dernier n'est pas un mauvais bougre, juste un type un peu revêche qui a finalement manqué de chance dans la vie et qui voit dans sa compagne de voyage l'occasion de se racheter et, peut être, repartir sur de nouvelles bases.

Quoi qu'il en soit, Mary Beth finit par toucher le coeur du hors la loi. Ce qui va avoir des conséquences sur lui lorsque cette dernière finit par mourir. Georges Cuddy se retrouve alors seul et termine sa mission, tout en regrettant celle qu'il a aimé et qui n'est plus la. C'est la qu'intervient la seconde partie, démontrant que, finalement, l'histoire de ces trois femmes folles n'est qu'un prétexte pour raconter une rencontre tel qu'on peut parfois en faire dans une vie. Un évènement anodin en apparence, mais, qui peut bouleverser une existence.

Certains prétendent que, pour pleinement apprécier ce film, il est nécessaire de le voir deux fois. Pour ma part, je n'ai eut qu'une séance et j'en garde de grosses réserves. C'est surtout le cas dans la première partie. Oui, le film se base sur ces deux personnages, mais, celui de Mary Beth Cuddy ne parvient jamais à toucher ou émouvoir. Il faut dire que le jeu atrocement figé d'Hillary Swank n'aide pas non plus. Face à elle, Tommy Lee Jones demeure pourtant très juste. Malheureusement, l'acteur et réalisateur ne développe pas suffisamment son univers, au point qu'il est difficile de rentrer pleinement dedans.

Autre grief, certains second rôles se montrent particulièrement mauvais. Je pense notamment à James Spader en gérant d'hotel. Au même titre que l'univers, Tommy Lee Jones aurait du également approfondir ces personnages qui se contentent de passer et ne nous touche jamais, à l'instar de la jeune bonne incarné par Hailee Stanfeld.

The Homesman n'est pas un mauvais film, mais, à mon sens, ce film complexe et assez singulier et loin de constituer une référence du genre, la faute à un rythme en dent de scie et des longueurs, notamment dans la première partie. Malgré tout, les westerns se faisant assez rare, celui ci n'est pas à bouder, surtout si on aime le genre.