Réalisation : David S. Goyer

Année : 2004

Genre : Fantastique / Action

L'histoire : Suite à une manipulation, Blade se retrouve arrété et accusé d'avoir massacré un humain. Libéré par deux chasseurs de vampires, le diurnambule va devoir se lier avec eux pour affronter nul autre que Dracula.

La Critique De Titi70 :

Nous sommes en 2004 et le scénariste des deux premiers Blade se voit offrir de réaliser la troisième opus. David S. Goyer à déjà en tète le futur scénario de cette ultime aventure du diurnambule. En fait, le scénariste à déja envisagé ce script dés le premier épisode, inspiré du roman culte Je Suis Une Légende de Richard Matheson.

Blade y évoluerait dans un futur apocalyptique ou la race humaine aurait succombé entièrement aux vampires. Le problème est que cette idée intéressante risquerais de fermer trop vite la porte à d'eventuelles suites. David S. Goyer est donc prié, par les dirigeants de chez New Line qui produisent et distribuent la franchise,  de revoir sa copie.

Pressé par un Wesley Snipes qui ne souhaite pas attendre trop longtemps pour incarner un personnage exigeant certaines aptitudes physiques, le scénariste est contraint d'obeir. C'est ainsi que, quelques semaines plus tard, un des producteurs se félicite de la nouvelle orientation du projet : " Blade trinity est l'occasion de pousser le personnage dans des situations inédites. Cette fois, il ne livre plus seulement un combat de l'ombre, il est aussi confronté au FBI. La réalité étant plus présente, la guerre secrète que livre Blade n'en prend que plus de force. Blade 2 était plus orienté vers les effets des créatures. Dans ce nouveau volet, bien qu'il y ait évidemment des créatures, nous nous orientons davantage vers le monde de l'action et des arts martiaux.

C'est ainsi que, quelque temps plus tard, le tournage de Blade Trinity commence, et les problèmes aussi. Premier soucis : David S. Goyer ne parvient pas à s'entendre avec son acteur principal et co producteur du film, Wesley Snipes, et la situation va s'aggraver jusqu'a pousser les deux hommes à en venir aux mains, et à nécessiter la présence de gardes du corps.

Au final, Wesley Snipes se verra quelque peu écarté du processus créatif du film ce dont il se plaindra d'ailleurs à la New Line. L'autre soucis est très diffèrent, puisqu'alors que David S. Goyer rédige le nouveau scénario de ce troisième Blade, il est approché pour signer un autre script : Celui du nouveau Batman qe prépare Christopher Nolan.

Pour celui qui a toujours été fan de l'homme chauve souris, c'est une opportunité inespéré. Le scénariste et réalisateur devra travailler sur les deux projets en même temps. Et vu le résultat de ce troisième Blade, c'est peu dire que ça se sent.

Pour cette nouvelle aventure, Wesley Snipes est entouré, notamment, de Jessica Biel, Ryan Reynolds, Parker Posey, Triple H, Kris Kristofferson, Dominic Purcell et Natasha Lyonne.

L'histoire commence alors que Blade est victime d'un coup monté organisé par un groupe de vampires sous la direction de Danica Talos, une créature sauvage et sans scrupules. Accusé, à raison, d'avoir tué un humain, le diurnambule se retrouve dans les bureaux du FBI en bien mauvaise postures. Son protecteur, Abraham Whistler, étant mort durant l'assaut de la police pour arrêter Blade.

Pourtant, le chasseur de vampire n'est pas seul et se voit sauvé par Abigail Whistler, la fille de son protecteur et Hannibal King, un autre tueur de vampire ayant fait partie des créatures de la nuit avant d'être sauvé grâce à une sérum.

Blade apprend ainsi le véritable plan que poursuivent les vampires, à savoir utiliser Dracula, qui se fait appeler Drake, pour l'éliminer, les deux être ayant finalement les mêmes capacités génétiques. Un combat sans merci s'engage.

Il ne faut pas longtemps pour se rendre que quelque chose ne va pas avec ce troisième opus. Dés la première scène entre Blade et son protecteur, le tueur de vampires n'hésite pas à se foutre de la gueule de ce dernier, en se conduisant comme un adolescent rebelle et immature. Autant dire que l'union solide entre le chasseur et le protecteur, bien mise en valeur dans les opus 1 et 2, n'existe plus. De son coté, Whistler explique à Blade qu'il ne faut pas tuer d'humains, avant de sortir le tromblon un peu plus tard pour eliminer tout une armada de flics.

Et ça continue ainsi tout le long du film, transformant rapidemment ce troisième épisode en pantalonnade ridicule. Certes, le film est riche en scènes d'action, mais, ça ne masque jamais la bêtise de ce long métrage. Les acteurs sont totalement à chier, notamment Wesley Snipes. Lui qui portait le personnage sur ses épaules dans les deux précédents opus précédents, n'est plus, ici, qu'un clown grimaçant qui fait le job sans y croire. Ça tombe bien, nous non plus, on y croit plus. Citons également Parker Posey, totalement transparente en méchante de pacotille, ou Dominic Purcell, jamais crédible en Dracula sortit tout droit d'un clip disco des années 70. Le voir marcher dans la rue avec sa chemise ouverte et sa chaîne autour du cou ferait presque penser à un remake de La Fièvre Du Samedi Soir.

A vrai dire, dans la catastrophe, seule Jessica Biel semble y croire un minimum, mais, apparemment, elle est la seule. Mention spéciale à un Ryan Reynolds en mode cabotinage qui passe son temps à lâcher des blagues à deux balles qui, je l'avoue en baissant la tète de honte, m'ont fait marrer. C'est, d'ailleurs, peut être la seule chose que je sauverais du long métrage. Je passerais sur Triple H et sa transformation en loup garou, signé par le maquilleur Steve Wang, qu'on ne verra jamais, puisque la scène à été supprimé suite à quelques projections test.

Que le film soit mal joué et réalisé avec les pieds est une chose, mais, ce qui est plus grave, surtout pour un scénariste reconnu comme David S. Goyer, c'est que le script soit aussi pitoyables.

Impossible de croire une seconde à ce que nous raconte ce Blade Trinity. Les personnages sont complétement transparents et l'histoire est bourré d'incoherences, notamment sur la fille de Whistler, censé ètre morte et que son père aurait chargé de veiller sur Blade, ou d'idée imbéciles, comme lorsque Drake se met à faire la morale à une fillette qui disparaîtra d'ailleurs rapidement du film sans qu'on sache ce qu'elle devient, ou quand le vampire se fait traiter de fils de pute et s'exclame en riant : "Fils de pute, j'adore" 

Bref, ce troisième Blade fait surtout office d'enterement de première classe pour une franchise qui avait pourtant bien débuté avec deux bons opus.  Un triste navet stupide et ridicule, dont la bande original signé RZA constitue sans doute le coup de grace.