Réalisation : Olivier Marchal

Année : 2011

Genre : Policier / Drame

L'histoire : De sa jeunesse, Edmond Vidal, dit Momon, a retenu le sens de la famille, une loyauté sans faille, et la fierté de ses origines. Il a surtout conservé des liens fort avec un ami d’enfance. Aujourd’hui à l’approche de la soixantaine, Momon tente d’oublier cette période de sa vie. Mais, les vieux démons du passé sont tenaces et s'apprettent à refaire surface.

La Critique De Titi70 :

Nous sommes au début de l'année 2010 et le réalisateur et comédien Olivier Marchal travaille sur son troisième long métrage, baptisé Le Gang Des Lyonnais. Tiré du bouquin auto biographique d'Edmond Vidal, dit Momnon, l'histoire raconte le vie du bonhomme, de ses 17 ans, age ou il fut envoyé en prison pour le vol d'un cageot de cerises, à ses vieux jours, en passant par ses années en tant que braqueurs au sein d'un gang qui donne son nom au long métrage. Une troupe bien organisé qui commettra de nombreux vols dans la région lyonnaise,

Le réalisateur prévoit de tirer de cette histoire un film en 2 parties, à la manière du biopic sur Mesrine. La partie 1 sera concentré sur les jeunes années, et la seconde sur des retrouvailles des membres du gang des années après.

Alain Delon est partant pour jouer le rôle d'Edmond Vidal agé, tandis que Nicolas Duvauchelle, qui connaît l'univers d'Olivier Marchal puisqu'il figure au casting de sa série, Braquo, prendra les traits du même personnage, mais, dans sa jeunesse.

S'étant lié d'amité après avoir tourné avec lui Le Fils A Jo, le réalisateur engage également Gerard Lanvin qui doit incarner un gangster, et donner la réplique à Bernard Giraudeau. Les deux comédiens reformeraient ainsi un nouveau duo des années après avoir joué ensemble dans Les Specialistes.

Malheureusement, les choses vont se dérouler tout autrement. Préférant se consacrer à sa pièce de théâtre, dont la première doit débuter sous peu, Alain Delon décide de quitter le casting. Certains murmurent que le réalisateur et son acteur ne parvenait pas à s'entendre.

Quoi qu'il en soit, Olivier Marchal demande à Gerard Lanvin si il est partant pour le rôle principale. Celui ci accepte volontiers, d'autant qu'il avait déjà incarné Edmond Vidal trente ans avant dans un téléfilm baptisé La Traque et avait noué des liens d'amitié avec le bonhomme.

Tout semble donc aller pour le mieux, mais, quelques semaines avant le début du tournage, c'est Bernard Giraudeau, trop malade pour pouvoir continuer, qui doit abandonner.

Il décédera peu de temps après et Olivier Marchal lui dédiera le film. Rebaptisé Les Lyonnais, le long métrage ne comporte alors plus qu'une seule partie, composé de flash back qui alterne entre le présent et le passé, plus précisément les années 60 et surtout 70.

Outre Gerard Lanvin, on trouve également au casting quelques routard du cinéma Français, de vraies "gueules" de cinéma souvent peu ou mal utilisé par les réalisateurs : Tcheky Karyo, Lionel Astier, Daniel Duval et Patrick Catalifo, sans oublier la participation d'Etienne Chicot. Quand aux flash back, ils mettent notamment en scène Dimitri Storoge, Simon Astier, François Levantal, Francis Renaud, sans oublier Manu Lanvin, le propre fils de Gerard Lanvin.

L'histoire commence durant une réception donné par Edmond Vidal, que ses proches surnomment Momnon. Il s'agit d'un ancien mafieux désormais rangé et qui coule des jours paisible au coté de sa femme. Mais, la réapparition d'un de ses ancien camarade, Serge Suttel, disparu depuis 13 ans, va bouleverser cette vie tranquille. 

A peine à t il reprit contact avec sa fille qu'il est immédiatement embarqué par les flics et condamné à la prison. Ayant des liens d'amitié presque familiaux avec lui, Momnon ne peut se résoudre à laisser Serge croupir en prison. Mais, l'homme à également fait une promesse à son épouse le jour ou il a cessé toute activité. C'est pourquoi il laisse faire un gang de jeunes braqueurs.

Mais, les choses se passent mal et, si Serge est effectivement libéré, l'histoire ne fait que commencer. En parallèle, on découvre les jeunes années de Momnon, Serge et toute la bande des Lyonnais. Leur rencontre, leurs activités au sein du S.A.C, puis, les braquages en série, les tabassages durant les gardes à vues par des policiers essayant de les faire parler, ou la prison.

Avant tout, Les Lyonnais est un film de personnages, notamment Edmond Vidal, présenté comme un individu très diffèrent de ses camarades. Alors que ces derniers sont des loups solitaires, cumulant les conquêtes d'un soir sans attaches, des truands sans états d'ame, sans principes, lui est un homme qui n'aura qu'un seul amour, son premier et dernier à qui il promets, dés le premier soir, de finir sa vie avec elle. Momnon refuse de toucher à la drogue ou de tuer sans raison. Il ne le fera que si on le menace directement ou si on touche à sa famille et à sa proches. C'est un type loyale envers les autres qui place l'amitié et la fidélité en premier dans son échelle de valeur.

Au bout de quelques années, il deviendra père de famille et, malgré les galères, lui et sa compagne resteront liés l'un à l'autre.

Malheureusement, ses valeurs ne correspondent pas forcement à celles de ces camarades. C'est ce qu'il va découvrir dans la partie ou il est plus âgé.

Avec Les Lyonnais, Olivier Marchal mets de coté la police qu'il avait mit en scène dans ses deux précédents films pour se placer du coté des truands. Malgré tout, on trouve tout de même dans Les Lyonnais quelques personnages de policier.

Fresque ambitieuse, le film pâtit parfois d'un montage quelques peu rapide, et le fait d'alterner constamment  entre le passé et le présent peut agacer, pourtant, l'ensemble est suffisamment prenant pour que ça passe. 

Je dois l'avouer, je suis un fan du travail d'Olivier Marchal que je considère comme un des rares véritables auteur Français, capable d'imprimer sa patte sur ses sujets, et d'offrir à de grands acteurs de véritable rôles d'envergure à la mesure de leur talent. Après tout, le bonhomme à quand même signé le seul bon polar Français de ses 20 dernières années avec 36 Quai Des Orfèvres et offert deux rôles exceptionnel à Daniel Auteuil, sans oublier qu'Olivier Marchal est également l'instigateur de la seule série Française capable de rivaliser avec les États Unis, je veux bien sur parler de Braquo.

Pour Les Lyonnais, le réalisateur offre un très grand personnage à un Gerard Lanvin absolument formidable en parrain désabusé. Mais, surtout, il redonne une vrai présence à Tcheky Karyo, acteurs sous estimé chez Luc Besson et qui trouve ici, dans l'univers d'Olivier Marchal, un personnage totalement à sa mesure. D'une présence incroyable malgré peu de dialogues, l'acteur est ici absolument parfait et obtient sans doute son meilleur rôle.

Très sombre et parfois violent, Les Lyonnais peut sans peine ètre considéré comme rivalisant avec le travail d'un Martin Scorcese. Une vrai tragédie mafieuse réussi et un très grand film français, ce qui est suffisamment rare ces derniers temps pour être signalé.