Réalisation : Franklin J. Shaffner

Année : 1968

Genre : Science Fiction

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L’histoire : Après un long voyage dans le temps et l’espace, trois astronautes atterissent dans un univers inconnu, ou les singes ont la place des hommes. Seul l’un d’entre eux parviendra a survivre et, aidé deux jeunes chimpanzés, tentera de trouver des réponses.

La Critique De Titi70 :

Après une longue période d’inactivité, ce blog reprend du service avec un programme chargé. Pour commencer, nous allons aborder une des saga les plus cultes de la science fiction, et aussi la plus longue du genre.

La Planète Des Singes cumule en effet un roman, un film original et trois suite, deux séries télé dont une Japonaise jamais arrivé chez nous, un reboot et la suite de ce dernier.

Ce cycle va  justement concerner la saga d’origine né à la fin des années 60.  Je n’aborderais que les 5 films, laissant, pour le moment, de coté la série télé.

Dire que le premier film, adaptation d’un roman de Pierre Boulle, déjà responsable du bouquin à l'origine du film Le Pont De La Rivière Kwaï, aurait pu virer au grand n’importe quoi pelliculé est un euphémisme.

C’est d’ailleurs la principal crainte de bons nombres de producteurs et responsables de studios. Si le premier film original existe, c’est grâce à la ténacité d’un homme : Arthur P. Jacobs. C’est lui qui achète les droits d’adaptation à un contact parisien qui s’exclame alors : « Mais, Vous Êtes Fou ? ».

L’homme mettra trois ans avant de pouvoir enfin convaincre un studio d’investir des sous dans ce projets avant de trouver gain de cause chez 20th Century Fox.

En fait, si La Planète Des Singes existe, on le doit également à Rod Sterling, responsable de la série culte La Quatrième Dimension qui signera le script de cette adaptation de La Planète Des Singes et soutiendra Arthur P. Jacobs, et surtout Charlton Heston, totalement enthousiasmé par ce scénario qui ira jusqu'a pousser un peu les responsables du studio, qui traînent des pieds et tarde à donner le feu vert du premier coup de manivelle.

A noter que c'est également l'acteur qui imposera le choix du réalisateur, à savoir Franklin J. Schaffner, avec qui il avait travaillé quelques années plus tot sur Le Seigneur De Guerre. L'homme remplace ainsi Blake Edwards, initialement prévu.

En contrepartie, les responsables de la Fox exigent des modifications sur le scénario, qui, à l'origine, évoquait une société ou les singes habitaient de vastes demeures perchés sur des arbres, conduisaient des voitures et prenaient l'avion. Rod Serling est donc contraint de revoir sa copie.

Après de longues négociations, les responsables obtiennent une enveloppe relativement modeste de six millions de dollars, tout juste de quoi filmer un futur beaucoup plus modeste en regard des ambitions de départ.

Reste encore un soucis, à savoir la fin qui doit être différente de celle du livre. Le scénariste Michael Wilson, appelé en renfort pour injecter un peu d'humour à un script qui, selon les dirigeant du studio, en manque un peu trop, et dont on retrouve la trace par le détournements d'expression humaine du type "C'est un singe sur qui compter", souhaiterais terminer par la fin du personnage du héros Taylor et une dernière image montrant Nova franchir seule la zone interdite, posant ainsi la question : "L'espèce humaine peut elle survivre ?". Mais, Arthur P. Jacobs tranche en faveur d'une idée apporté par le réalisateur Blake Edwards, donnant ainsi lieu à la fin que l'on connaît.

Au niveau du casting, outre Charlton Heston, on trouve également Linda Harrison, l'épouse du grand manitou du studio à l'époque, Richard D. Zanuck, mais, aussi Roddy Mc Dowall, Kim Hunter ou Maurice Evans qui se glisse derrière les maquillages des singes.

L'histoire est d'abord celui d'un voyage. En 1972, une navette est envoyée dans l'espace avec, à son bord quatre membres d'équipage. Son objectif est de traverser l'espace à la vitesse de la lumière pour atterrir sur la constellation d'Orion en 2673. L'objectif étant, au final, de prouver une théorie scientifique.

L'équipage, mené par le colonel Georges Taylor, doit effectuer une période de sommeil prolongé avant d'arriver à destination. Mais, lorsque la navette finit par atterrir, c'est dans une région désertique qui semble inconnu.

Après avoir constaté la mort d'un des membres du groupe, une femme ayant subie un vieillissement accéléré, le colonel Taylor et les trois survivants de la mission vont s'appercevoir qu'ils ont échoué dans un lieu ou l'espèce humaine est désormais dominé par les singes, et réduite à servir de cobaye pour des expériences, ou parqué dans des animaleries.

Capturé après une chasse aux humains, Taylor se retrouve séparé de ses camarades. C'est la qu'on lui amène une femme prénommé Nova à qui il s'attache. Son seul espoir réside en un couple de singe scientifiques, seuls capable de l'aider à franchir un endroit baptisé La Zone Interdite.

L'une des particularité de ce long métrage réside dans le personnage de Georges Taylor. Véritable anti héros, ce dernier n'a guère de considération pour l'espèce humaine, comme il l'avoue lui même dans la scène d'ouverture en avouant que la terre ne va guère lui manquer.

C'est également un être solitaire, cynique et misanthrope, peu aimé par ses camarades de voyage, et pas franchement porté sur la sensiblerie. On le voit lors du décès de la seule femme de l'équipage qui ne semble guère l'affecter.

Mais, l'aventure que Georges Taylor va vivre, notamment via sa rencontre avec Nova, va progressivement le transformer, sans, toutefois lui perdre son caractère revêche.

L'autre particularité est le fonctionnement de cette société des singes, très semblable à la notre sur plusieurs points, notamment avec cette peur de l'inconnu. Basé sur un mélange de croyances religieuses et scientifiques, elle se croit, au même titre que notre espèce, infiniment supérieur.

La Planète Des Singes version 1968 reste une oeuvre d'anticipation qui n'a rien perdu de sa force et de sa profondeur, porté, notamment par la charisme sans faille de Charlton Heston et un scénario haletant, notamment lors d'un dernier plan aussi mythique que le long métrage qu'il illustre. Bref, un vrai classique du cinéma à voir au moins une fois dans sa vie.