Réalisation : Yves Boisset

Année : 1980

Genre: Policier

La femme flic

L'histoire : Une inspectrice de police Parisienne se retrouve muté après avoir tenté de faire tomber des notables corrompu, dans le nord de la France . Là, elle découvre un réseau de prostitution enfantine dans lequel sont impliquées des personnalités influentes de la région.

La Critique De Titi70 :

Ce n'est pas la première fois que j'aborde le cinéma d'Yves Boisset, un réalisateur connu pour ces films engagé. Dans le cycle que j'avais consacré au metteur en scène il y a pas mal de temps se trouvait notamment Le Juge Fayard Dit Le Shérif, ou le réalisateur décrivait les relations pleines de corruptions entre justice et politique de haut rang.

Deux après plus tard, Yves Boisset reprend quasiment le même thème dans La Femme Flic, qu'il réalise en 1980.

Ce long métrage est interprété par Miou Miou, entourée de Jean Marc Thibault, Philippe Caubère, Leny Escudéro, Jean Pierre Kalfon et Niels Arestrup.

L'histoire suit une jeune femme flic, L'inspecteur Corinne Levasseur, officiant à Paris, et qui traverse une période difficile puisqu'elle travaille sur une enquète impliquant des responsables de la mairie et se voit trahie par son compagnon, un magistrat qu'elle gifle en public.

L'affaire fait suffisamment de bruit pour que Corine Levasseur se retrouve mutée dans une petite bourgade isolée du Pas-De -Calais

Elle y découvre un climat assez singulier, et des gens à la mentalité plutôt étriqué. Mais, surtout, Corine Levasseur perçoit la main mise de Shuller, un riche propriétaire, sur la population locale, ce dernier possédant à lui seul toutes les entreprises du coin.

Lorsqu'une affaire de pédophilie et de prostitution enfantine surgit dans la bourgade, tout semble accuser un ancien médecin raciste, totalement haï par la population, Le Docteur Godiveau.

Pourtant, Corine Levasseur découvre bientôt un carnet impliquant de hautes personnalités de la région, dont Shuller et plusieurs de ces proches. Mais, la vérité à un prix.

Comme à son habitude, Yves Boisset ne prend pas de gants pour aborder des sujets difficiles. En premier lieu, la place de la femme dans un milieu essentiellement masculin. Mais, bien plus encore, c'est surtout la façon dont les flics sont perçu par la population qui est dépeinte.

La première scène est assez révélatrice puisqu'on y voit le personnage de Corine Levasseur entrer dans une appartement pour y récupérer un enfant maltraité qu'elle confie à une assistante sociale. Alors qu'elle sort du bâtiment, les commentaires critique des badaud du genre : "Ils n'ont pas autre chose à faire" vont bon train.

On notera également cette échange laconique entre la jeune femme flic et l'assistante sociale qui lance : "Si ils n'ont plus confiance, ils nous ferment leur porte, nous sommes la pour les aider - Et nous pour leur faire peur - A chacun son métier"

Bien avant que les affaires de ce type fleurissent, Yves Boisset prend également le risque d'aborder des sujets sensibles comme l'inceste et les réseaux pédophiles.

Dans La Femme Flic, ces réseaux impliquent des notables très en vue, protégé par une population totalement soumise à un régime de terreur. En gros, chaque habitant sait que, si il parle, les risques de se retrouver au chomage sont grand et personne n'est pret à vivre cela.  

Dans ce climat, l'enquète de Corine Levasseur s'averera d'autant plus compliqué que la jeune femme à déja une étiquette de géneuse sur le dos, rapport à son passé. Le climat de corruption ambiant n'arangeant pas non plus les choses.

La Femme Flic propose une vision extremement noire et pessimiste de la France du début des années 80. A ce titre, sans révéler la fin, la dernière scène du film, tournant le dos à un quelconque happy end, laisse un gout amer et revoltant dans la bouche.

Porté par un excellent casting, notamment Miou Miou, jeune poisson parfois un peu naïf au milieu d'un océan rempli de requins, et Jean Marc Thilbault, parfait en supérieur lâche, La Femme Flic rèste une oeuvre choc, engagé, et qui n'a pas prit une ride, les thèmes abordé semblant plus que jamais actuel.