Réalisation : Ridley Scott

Année : 1999

Genre : Suspense / Thriller / Horreur

hannibal

L'histoire : Le terrifiant psychopathe cannibale Hannibal Lecter vit désormais paisiblement sous une fausse identité à Florence, en Italie. Mais l'une de ses anciennes victimes, désireuse de se venger de lui, commence à lui tendre un piège en utilisant l'agent Clarice Starling comme appât.

La Critique De Titi70 :

Après le succès du film de Jonathan Demme, une suite fut rapidement envisagé. Pourtant, cette dernière mit du temps à se concrétiser.

Pourtant, à la fin des années 90, Anthony Hopkins et Jodie Foster se disent, à plusieurs reprises, prêt à reprendre leur personnages, comme l'explique la comédienne dans une interview : « Anthony en parle sans arrêt. Tout le monde veut le faire. Chaque fois que je le vois, il me dit : « Quand va-t-on le faire ?  ».

Mais, le producteur Dino De Laurentiis, responsable des droits d'adaptation de la saga, émet des doutes sur les réelles motivation de Jodie Foster, impression confirmé en 1999, lorsque cette dernière explique clairement qu'elle ne veut plus jouer le rôle de Clarice Sterling, expliquant que les directions prises par les responsables de la suite ne l'a satisfont pas :  « Je gagnerais plus d'argent en tournant Hannibal. Mais à quoi bon s'il trahit Clarice, qui est pour moi, d'une façon étrange, une personne à part entière. Le film fonctionnait parce que les gens croyaient en son héroïsme. Je ne l'interpréterai pas avec des attributs négatifs qu'elle n'a jamais eus. ».

S'ensuivra une longue chasse au sorcière envers l'actrice, cette dernière devant affronter des rumeurs évoquant le fait qu'elle souhaitait être payé plus, comme l'explique Dino De Laurentiis : « J'ai appelé l'agent de Jodie Foster. Elle m'a dit : « Elle ne lira le script que si vous lui faites une offre de 20 millions de dollars et un bénéfice de 15 % sur les recettes du film. » Et je lui ai répondu : « Transmettez tout mon amour à Jodie. Au revoir. ».

La place laissé vacante par Jodie Foster ne le reste pas longtemps, car, beaucoup d'actrices sont prêtes à reprendre le flambeau. Se succèdent ainsi Michelle Pfeiffer, qui avait pourtant refusé de jouer Clarice Sterling dans le premier film, Hilary Swank, Ashley Judd, Helen Hunt, Gillian Anderson ou Angelina Jolie. Mais, les producteurs portent finalement leur choix sur Julianne Moore.

Si Jonathan Demme rempile dans un premier temps à la réalisation de cette suite, il est finalement remplacé par Ridley Scott, tandis qu'Anthony Hopkins, après quelques hésitations, accepte de reprendre son personnage d'Hannibal Lecter, tandis que Ray Liotta, Gary Oldman ou Giancarlo Giannini complètent la distribution.

Le film commence avec le personnage de Clarice Sterling, officiant toujours au F.B.I, alors qu'elle s'apprête  à participer à une opération spéciale en vue de l'arrestation d'une femme. Sauf que les choses se déroulent mal à cause d'un flic refusant d'obéir aux ordres. La suspect est tuée et Clarice se retrouve dans une mauvaise passe, puisqu'elle est désignée comme responsable du fiasco.

Parmi ses accusateurs, Paul Keller, homme ambitieux et véritable obsédé sexuel dont les regards gourmands qu'il lance sur l'anatomie de la jeune femme flic ne laisse guère de doute sur ses motivations.

C'est alors que Clarice reçoit une aide plutôt inattendue, celle d'un milliardaire nommé Mason Verger. Il s'agit de la seul personne ayant réussi à survivre au psychopathe Hannibal Lecter, mais, demeure dans un état effroyable puisqu'il vit dans une chaise roulante et garde un visage atrocement défiguré après que le tueur cannibale ait réussi à le persuader de se lacérer le visage.

Depuis ce jour, Mason Verger vit dans la rage et l'envie de vengeance. Ayant apprit les ennuis de Clarice Sterling, il compte s'en servir pour attirer Hannibal Lecter dans un piège mortel. Mais, ce dernier n'a pas la réputation d'être une proie facile.

Lors de sortie en 2001, Hannibal reçu un accueil pour le moins glacial de la part des fans, à tel point qu'il reste sans doute une des suites les plus détesté. Pour ma part, au cours des années, j'ai beaucoup entendu et lu de choses négatives à propos de ce film, notamment le fait qu'il était, soi disant, si mauvais qu'il parvenait à rendre fade l'interprétation d' Anthony Hopkins dans un rôle qui avait pourtant fait son succès.

Un simple visionnage du long métrage permet de comprendre la raison de ce rejet. Car, la ou Jonathan Demme signait un film emprunt de retenue avec une mise en scène pleine de classicisme, Ridley Scott choisit, lui, de prendre le contre pieds total en réalisant une oeuvre qui demeure souvent plus proche du film d'horreur. D'ailleurs, lors d'une interview, Ray Liotta confirmera que le metteur en scène lui avait confié vouloir mettre le paquet sans se préoccuper d'une quelconque censure. On peut d'ailleurs le constater lors de scènes bien glauque comme celle de l'enclos à cochon ou dans le dîner finale, à déconseiller vivement aux végétariens puisque Ray Liotta se retrouve le crane ouvert à bouffer un bout de sa propre cervelle.

Personnellement, j'avoue que c'est une scène que je n'oublierais pas de sitôt et, pourtant, en tant que fan de films d'horreur, j'en ai vu des passages crados.

Mais, ce qui demeure également intéressant dans cette suite réside dans la personnalité de son ennemi. Car, dés sa première apparition, Mason Verger inquiète avec son visage atrocement mutilé et son attitude calme cachant une rage mal contenu, comme le prouve le moment ou son assistant refuse d'assister à une exécution, provoquant la colère de Mason.

Dans le rôle de ce personnage ambigu, Gary Oldman est aussi génial qu'il en demeure méconnaissable; Quant à Hannibal Lecter, on peut vraiment dire qu'Anthony Hopkins semble né pour incarner ce rôle. D'ailleurs, cette suite permet enfin de mesurer toute la capacité de ce personnage.

Sans surprise, Julianne Moore ne parvient jamais à faire oublier l'interprétation de Jodie Foster. Pour autant, même si je ne figure pas parmi les grands admirateur de la comédienne, il faut reconnaître qu'elle ne s'en tire pas si mal.

Mais, ce qui pose surtout problème dans cette suite, c'est sa première partie ou Ridley Scott ne parvient pas à se défaire d'un scénario trop labyrinthique.

Alors que le traque lancé par Mason Verger et a laquelle participe Clarice Sterling aurait largement, voila que vient se rajouter l'histoire de ce flic de Florence qui démasque Hannibal Lecter et décide de la capturer pour toucher la récompense promise par le milliardaire.

Du coup, pendant que la flic du F.B.I ne quitte plus son bureau, passant ainsi souvent au second plan de l'histoire, commence un jeu du chat et de la souris avec un personnage transparent et pas franchement intéressant, avant que Ridley Scott ne revienne enfin vers Clarice Sterling dans la seconde partie. 

D'autre part, si le réalisateur réussit la plupart du temps ces scènes, notamment dans les actes commis par Hannibal dont certains évoquent des mises à mort digne du réalisateur italien Mario Bava, il faut reconnaître que certains passages sont totalement foiré.

Je pense en particulier à la scène final ou Hannibal Lecter se coupe la main, comme pour trancher ce qui le relie à Clarice Sterling. Personnellement, je trouve ce geste totalement inutile. D'ailleurs, sur l'Edition Collector que j'ai eut entre les mains, se trouvait une fin alternative ou le psychopathe cannibale s'enfuit avec ses deux membres.

Malgré ses imperfections, surtout dans sa première partie, Hannibal reste une suite certes différente de son modèle que ce soit sur le fond ou la forme, mais, qui vaut bien mieux que la réputation désastreuse dont elle a écopé à sa sortie.