Réalisation : Brett Ratner

Année : 2002

Genre : Suspense / Thriller

dragon rouge

L'histoire : Trois ans après avoir arrêté le docteur Hannibal Lecter, Will Graham vit paisiblement jusqu'a ce que son ancien patron lui rende visite pour une affaire délicate impliquant un psychopathe ayant déjà massacré deux familles. Afin de comprendre les motivations de ce tueur, Will Graham se voit contraint de demander l'aide du docteur Lecter, qui se trouve au centre de détention psychiatrique de Baltimore.

La Critique De Titi70 :

Malgré l’accueil plus que mitigé des fans à la sortie d’Hannibal, le producteur Dino De Laurentiis compte bien continuer à exploiter la franchise et s’oriente cette fois vers une adaptation du livre Dragon Rouge, premier roman écrit par Thomas Harris en 1981.

C’est la seconde version cinématographique après celle de Michael Mann. Cette fois, c’est Brett Ratner qui est contacté pour la réalisation. Un choix curieux étant donné que le bonhomme n’est pas vraiment connu pour signer des œuvres sombres, ce qu’il est d’ailleurs le premier à reconnaître. Et c’est justement ce défi qui le pousse à accepter, motivé également par le scénario de Ted Tally, déjà à l’œuvre sur Le Silence Des Agneaux.

L’ombre du film de Jonathan Demme plane d’ailleurs sur cette nouvelle version de Dragon Rouge, bien plus que le long métrage de Mann ou même celui de Ridley Scott.

On y retrouve Anthony Hopkins, toujours prêt à reprendre son personnage d’Hannibal Lecter, tandis qu‘Anthony Heald reprend celui du Docteur Frédéric Chilton , le directeur de l’asile.

Le rèste du casting est composé de petits nouveaux dans l’univers créé par Thomas Harris : Harvey Keitel reprend le personnage de Jack Crawford, le patron du FBI jadis interpreté par Scott Glenn, Edward Norton incarne Will Graham et prend donc la suite de William Petersen dans le film de Michael Mann, tandis que Mary Louise Parker joue son épouse et le regrétté Philip Seymour Hoffman le rôle du journaliste fouille merde Freddy Lounds.

A noter que figure également au casting Emily Watson, et Lalo Shifrin, le célèbre compositeur de bande original venant faire une apprition dans le rôle d'un chef d'orchestre. 

Mais, le choix le plus étrange dans ce casting est sans doute celui de Ralph Fiennes pour incarner le tueur Francis Dollarhyde, succédant ainsi à Tom Noonan. 

Un pari difficile tant ce dernier avait su marqué tout spectateur ayant vu Manhunter un jour, rendant ce personnage authentiquement terrifiant.

Pour l’anecdote, Ralph Fiennes fut d’ailleurs extrêmement vexé lors des premières projections test, certaines spectateurs pouffant de rire en voyant sa performance dans le film.

Sans aller jusque la, on peut tout de même dire que, malgré son talent,  le comédien ne parvient jamais à faire oublier le jeu habité de Tom Noonan.

L’histoire reprend les grandes lignes du roman de Thomas Harris. On y retrouve Will Graham, sorte de profiler du FBI ayant prit ses distances avec son métier et qui se voit contacté par son ancien patron, Jack Crawford, pour reprendre du service sur une affaire difficile dans laquelle plusieurs familles ont été massacré.

Dans son enquète, Graham aura besoin de l’aide d’Hannibal Lecter, pour tenter de coincer le psychopathe. Mais, le cannibal reserve quelques surprises au policier.

Contrairement a la version de Michael Mann, le long métrage de Brett Ratner hérite d’une séquence pré générique voyant Hannibal Lecter se faire arreter par Will Graham.

Avant, le psychopathe cannibal aura tué un musicien après un concert classique, parce que ce dernier jouait faux !!!

Du gros n’importe quoi qui pose d’entrée les choses au cas ou certains auraient un doute : On est bien dans un film signé Brett Ratner.

C’est justement sa rencontre avec Lecter qui va pousser Graham à prendre du recul Rappelons que, dans le film de Michael Mann, Hannibal n’avait rien à voir avec cette décision, l’enquêteur du FBI ayant besoin de changer de vie avant de devenir cinglé lui même.

Car, il faut signaler que, contrairement à son predecesseur, plus preocupé par les tourments psychologique du personnage de Will Graham et la personnalité trouble de Francis Dollarhyde, Brett Ratner et son scénariste préfèrent tabler sur le jeu du chat et de la souris entre l’enqueteur du FBI et Hannibal Lecter, releguant ainsi en seconde place l’autre tueur du film, à la personnalité beaucoup plus consensuel et très sommaire.

Ce dernier ne vit plus dans un appartement, mais, dans un grand château, et demeure plus une victime bridé très jeune par une grand mère castratrice, et soufrant d’un trouble de la personnalité mental, qu’un psychopathe aimant se deguiser en femme.

Avec Dragon Rouge, Brett Ratner et son scénariste évacuent les outrances d'Hannibal, mais, aussi l'ambiance impregnant Le Silence Des Agneaux ou mème Le Sixième Sens.

Le problème étant qu'une fois ces éléments éliminés, il ne rèste plus grand chose étant donné que le réalisateur ne rajoute rien à la place.

"Trois réalisateurs brillants ont déja livré leur vision des écrits des écrits de Thomas Harris, je souhaitait en faire de mème" explique Brett Ratner dans le commentaire audio du DVD de Dragon Rouge. Le problème vient du fait que, contrairement à ses predecesseurs, le réalisateur de la trilogie Rush Hour n'en possède aucune, de vision.

Il en résulte un thriller mou du genoux, ou le spectateur ne se sent jamais impliqué et regarde le spectacle sans qu'aucune émotion n'en ressorte. Il suffit de prendre pour cela comme exemple la scène ou Will Graham visite la maison, et particulièrement la chambre nuptial d'un des couples décédés, pour s'en rendre compte. Magnétique et marquant chez Michael Mann, ce mème passage devient totalement vide dans le film de Brett Ratner.

Du coté des acteurs, ceux ci font le job platement, à l'instar de Philip Seymour Hoffman ou Edward Norton, jamais crédible dans la peau de Will Graham. Mais, le plus triste vient d'Anthony Hopkins. l'acteur qui avait su impregner le personnage d'Hannibal Lecter de son talent se contente ici de cabotiner, visiblement préssé d'en finir avec ce personnage qu'il n'a du accepter de reprendre que contre un gros cheque.

Malgré la somme de talents entourant Brett Ratner, dont le chef décorateur Dante Spinotti ou le scénariste Ted Tally, rien n'y fait, il manque un véritable réalisateur derrière Dragon Rouge.

Dans le commentaire audio, le metteur en scène explique avoir voulu rendre un hommage à Alfred Hitchcock. Malheureusement, il n'arrive qu'a accoucher d'une copie fade et sans âme du Silence Des Agneaux. Celui qui ne connait pas la version de Michael Mann trouvera peut ètre ce Dragon Rouge reussi, mais, ce n'est pas mon cas.