Réalisation :  Julien Maury & Alexandre Bustillo

Année : 2014

Genre : Horreur

aux yeux des vivants

L'histoire : Fuyant leur dernier jour d’école, trois adolescents se perdent dans la campagne avant de s’engouffrer dans les méandres d’un studio de cinéma abandonné depuis des années. Un lieu décrépi devenu depuis le repère d’un homme et son étrange fils détraqué. De retour chez eux, les adolescents ne tarderont pas à s’apercevoir que quelque chose les a suivis et que la nuit risque d’être l’une des plus longues de leur vie…

La Critique De Titi70 :

C'est un constat malheureusement bien réèl : Faire du cinéma de genre en France est une chose extrêmement difficile. Les producteurs rechignent à investir dans un genre qu'il ne juge pas rentable, tandis que le public préfère se ruer en masse vers les comédies. Pourtant, certains continuent de resister, comme le duo Julien Maury & Alexandre Bustillo qui, après A L'Interieur et Livide, reviennent avec un troisième long métrage, baptisé Aux Yeux Des Vivants, une sorte d'hommage aux slashers des années 80 ou pointent également d'autres influences.

Mettant en scène un beau casting ou se distingue quelques belles gueules du cinéma Français parmi lesquelles Francis Renaud ou Fabien Jegoudez, comédien jusqu'alors inconnu et totalement effrayant ici dans la peau du psychopathe Klarence Faucheur, le film d'Alexandre Bustillo et Julien Maury s'offre également la participation de Béatrice Dalle, qui apparaît dans la scène d'ouverture et renoue ainsi l'espace de quelques minutes avec l'univers des deux réalisateurs, plusieurs années après tenue la vedette de leur premier film, A L''Interieur.

A noter que le duo avaient, à l'origine, prevu de situer l'action dans une fête foraine abandonné, mais, faute de budget, ils durent se rabattre sur un autre décor.  

L'histoire se déroule durant un été caniculaire dans un petit village ou vivent une bande de jeunes amis. Il y a Tom Azel, l'ecorché vif vivant avec son père qui ne lui parle qu'avec des coups, Victor Camber, dont le beau père feignant et alcoolique est tout juste bon à lever sa bouteille de biere, et enfin, Dan Cévet, le trouillard de la bande, qui possède des vieux pleins aux as, mais, dont le couple est au bord de la rupture.

Tout trois forment une bande inséparable et toujours prêt à faire les pires conneries. Alors qu'ils viennent d'ecoper d'une heure de colle chacun, ils décident de s'enfuir du bahut et de profiter un peu de l'exterieur.

Voulant se venger, Tom incite ses 2 camarades à se rendre dans une grange ou ils mettent le feu. Poursuivi par le propriétaires, ils atterrissent à Blackwoods, nom donné à un grand studio de cinéma abandonné depuis des années suites à plusieurs disparitions étranges et devenu un repaire pour les adolescents de la région voulant fumer et baiser tranquille.

Sur place, les 3 amis découvrent qu'un étrange psychopathe occupe les lieux. Finalement rattrapé par les gendarmes, Dan, Tom et Victor tente de tout leur expliquer, mais, ces derniers ne les croient pas.

Les 3 garçons sont donc ramenés chez eux ou ils vont tenter d'oublier toute cette histoire. Sauf qu'ils ignorent que le psychopathe à trouvé leurs adresses et compte bien en finir avec eux.

A l'origine, les deux réalisateurs avaient pour ambition de montrer qu'ils pouvaient signer une oeuvre beaucoup plus tourné vers le grand public, tout en restant dans l'univers du film d'horreur. De fait, Aux Yeux Des Vivants n'est pas une oeuvre aussi gore que les deux précédents long métrages du duo, malgré une ou deux scènes un peu plus brutale, ayant probablement justifié l'interdiction aux moins du 16 ans du long métrage.

Les deux metteurs en scène préfèrent donc miser sur l'ambiance, quitte à nous priver de quelques scènes de meurtres, essentiellement lors de la mort de deux jeunes personnages, vite expédié par une transition.

Les deux réalisateurs ne s'en sont jamais caché, leurs oeuvres regorgent d'influences et Aux Yeux Des Vivants ne fait exception à la règle. On y retrouve certains éléments en référence au premier Vendredi 13, que ce soit le personnage du bébé défiguré protégé par un membre de sa famille, ou même les fameux studios Blackwoods, dont la réputations d'endroit maudit et de lieux de débauche pour la jeunesse renvoie à la colonie Crystal Lake.

La présence de cette bande d'amis adolescent renvoie, elle à Stand By Me, l'oeuvre de Rob Reiner d'après Stephen King, mais aussi au long métrage Les Goonies, le tout sur une ambiance évoquant le Massacre A La Tronconneuse de Tobe Hooper avec son portraits de campagnard croulant sur une chaleur caniculaire, une ambiance poisseuse comprise. La présence de ce personnage de freaks est une allusion direct à un autre film de Tobe Hooper, à savoir Massacre Dans Le Train fantôme.

Enfin, le film lorgne également du coté du cinéma d'Alexandre Aja, notamment Haute Tension avec son tueur dans la maison s'en prenant à tout une famille, ou le remake de La Colline A Des Yeux, d'ou le psychopathe du film de Julien Maury et Alexandre Bustillo pourrait facilement sortir.

A noter également de petites extraits de Toxic Avengers ou La Femme Reptile, deux films que regardent les personnages à la télé.

Un empilement de références qui peut en agacer certains, mais, qui demeure tout de mème suffisamment discrète pour ne pas empiéter sur le reste.    

Avec Aux Yeux Des Vivants, les réalisateurs ont également tenté de signer une oeuvre plus international. Ainsi, tout les noms du film sonnent plus Américains que Français. Le studio de cinéma ou arrivent les gosses se nomme, donc, Blackwoods, le nom du héros est Camber, et ce dernier est surpris à plusieurs reprise en train de lire des E.C Comics, ces bandes dessinés d'horreur Américaines mytiques. Ce désir "d'Americaniser" le film aboutit un de ses plus grand défaut, puisque le mélange provoque une sorte de déséquilibre, ces éléments se mariant mal avec un casting 100 % Français.

Pour autant, Aux Yeux Des Vivants à également beaucoup de qualités, notamment de bons comédiens impliqué et crédible, et un scénario qui, sans ètre révolutionnaire, parvient à tenir en haleine.  En outre, Alexandre Bustillo et Julien Maury parviennent à rendre rapidement attachant cette bande d'amis adolescents, fidèles en amitié et dans les bêtises. Les deux réalisateurs en profitent pour dresser superficiellement le portrait d'un jeune garçon en proie à la violence de son beau père. Par contre, les deux camarades du héros sont rapidemment trop rapidement évacués au profit du héros dans la seconde partie.

L'espace d'une séquence, les deux réalisateurs en profitent pour adresser un clin d'oeil à Paranormal Activity ou Insidious, avec la scène de "Caméra dans la chambre vu par des protagonistes extérieurs". Pour surveiller leur bébé, les parents du jeune Victor ont installé un système de surveillance visuel, connécté par un moniteur depuis leur chambre. Alors que la famille sait que le tueur, Klarence Faucheur, est dans la maison, les parents voient, depuis leur appareil, le psychopathe debout devant le lit de leur enfant. Une image devenu classique, mais toujours saisissante, que le duo de réalisateur parvient à rendre efficace.

On pourra reprocher beaucoup de choses à Alexandre Bustillo et Julien Maury, notamment le coté réferentiel dont j'ai déja parlé, ou la manque de prise de risque d'un film beaucoup moins rentre dedans que leur premier long métrage. En outre, leur dernier film n'est sans doute pas le grand film d'horreur Français que certains attendaient et l'on peut ètre en droit d'attendre le duo sur un projet beaucoup plus important, ces derniers ayant revelé dernièrement vouloir effectuer un tournant dans leur carrière avec des films qu'ils promettent beaucoup plus sombre.

Aux Yeux Des Vivants rèste tout de mème un film éfficace et plutot bien fichu, comportant de nombreuses qualités trop souvent absente du cinéma de genre Français en général. En tout cas, pour ma part, j'ai vu largement pire.