Réalisation : Brian De Palma

Année : 1992

Genre : Suspense / Thriller

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L'histoire : Père de famille attentionné et mari modèle d'une gentillesse exemplaire, Carter semble ètre l'homme idéal. Mais, ce derriere ce masque respectable se cache un type aux personnalités multiples. En vérité, Carter est un homme dangereux au passé trouble, massacrant des femmes et enlevant leurs enfants. Et la decouverte de l'infidélité de son épouse ne va pas arranger son état.

La Critique De Titi70 :

Dans ce cycle consacré à Brian De Palma, les long métrages évoqués jusqu'ici compte parmi les plus apprécié de la filmographie du cinéaste. Mais, avec L'Esprit De Caïn, les choses changent puisqu'il s'agit d'un de ses films les plus décrié.

Et le visionnage du film permet en effet de comprendre les critiques faites à Brian De Palma à la sortie de L'Esprit De Caïn, car, le cinéaste s'y livre surtout à une sorte de best of de scènes composant ses long métrages précédent. Un exemple est cette scène ou le personnage de Carter apparaît grimé en femme blonde portant un long manteau, comme le tueur incarné par Michael Cain de Pulsions.

Pour autant, ce cru de Brian De Palma est il pour autant aussi mauvais que certains le prétendent ? pour ma part, j'aurais tendance à répondre que non, mème si on a connu le cinéaste plus en forme.

A l'origine, L'Esprit De Caïn est surtout un cadeau fait à l'un des acteurs fétiches, John Lithgow. Le comédien, souvent cantonné aux second rôles ou aux prestations purement alimentaires trouve ici un personnage centrale suffisamment riche et multiple pour lui permettre de déployer tout son talent.

Ce long métrage est également une façon pour Brian De Palma de déclarer, un nouvelle et ultime fois, un hommage à son maître, Alfred Hitchcock, et de revenir vers le cinéma de son âge d'or. Dans cette esprit, le réalisateur choisit donc de réengager Pino Donnagio, et espère ainsi gommer l'échec cuisant de son film précèdent, Le Bucher Des Vanités.

L'histoire tourne donc autour de Carter, un homme passant auprès du voisinage pour un mari modèle et un père merveilleux s'occupant de sa petite fille, Amy, qu'il vénère. Mais, l'homme souffre surtout d'une forme particulièrement grave de schizophrénie. 

Ainsi, lorsqu'il se montre incapable de prendre la moindre décision, surtout dans une situation difficile, c'est un de ses doubles, plus affirmé, qui prend le relais. Carter passe la majeur partie de son temps entre son épouse, son enfant, mais aussi le meurtre de femmes à qui il vole leur bébé pour les confier à un mystérieux individu lui ressemblant beaucoup.  

Un jour, sa femme, Jenny, retrouve par hasard un ancien amant dans les bras de qui elle finit par retourner. Lorsque Carter le découvre, l'une de ses personnalité met au point un plan diabolique. Mais, les choses ne vont se passer aussi facilement.

Dans l'Esprit de Caïn, John Lithgow n'incarne donc pas un personnage, mais, plusieurs personnalités antagonistes. Lors d'une scène, Carter se retrouve ainsi à dialoguer avec l'une de ses personnalités, affichant une attitude beaucoup plus sur, et habillé comme un loubard, lunettes noires comprises.

Ce rôle permet au comédien de dévoiler une palette de jeu assez large, et dire que cette acteur, souvent sous employé, s'en tire à merveille est un euphémisme. De plus, Brian De Palma ne lache que rarement ce personnage que l'on suit dans ses péripéties et ses délires, le rendant à la fois inquiétant et fascinant.

Le film n'est pas désagréable à regarder, mais, l'une des choses qui gène vient de son esthétique digne d'un téléfilm d'après midi, de ceux que diffusent des chaînes comme TMC ou D8 durant les week end. Car, le réalisateur ne semble jamais vouloir innover dans sa mise en scène, donnant l'impression d'assister à un travail appliqué sans envie.  

Difficile également de pas être déçu par certains éléments censé être mystérieux et que le réalisateur, d'habitude plutôt doué dans l'exercice, ne parvient pas à maîtriser de manière convaincante. Je pense, en particulier, au passage ou Jenny, la femme de Carter, succombe dans les bras de son amant et sursaute soudain en voyant une personne l'épier, caché à coté d'un arbre.

Le réalisateur tente alors de jouer sur la fameuse identité du voyeur en question, n'hesitant à faire revivre la mème scène à Jenny sous forme de rêve auquel succède plusieurs réveils successif. Une technique censé perdre le spectateur mais, qui finit par agacer, d'autant que l'identité du voyeur se devine dés le début.

Enfin, la ou le réalisateur déçoit peut être le plus, c'est que L'Esprit de Caïn reste un thriller académique, ne parvenant jamais à effrayer, ni même à inquiéter. En témoigne un happy end fort décevant et très inhabituel de la part d'un réalisateur qui avait su terminer beaucoup de ses oeuvres sur une note plus sombre.

Encore une fois, L'Esprit De Caïn n'est pas forcement un mauvais thriller, notamment grâce à John Lithgow qui demeure parfait. Mais, si l'on prend en compte le nom du réalisateur aux manettes, il est difficile de ne pas ressentir un petit sentiment de déception.