Réalisation : David Mackenzie

Année : 2014

Genre : Drame

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L'histoire : Eric, un jeune delinquant 19 ans, se retrouve à la suite d'un meurtre incarcéré dans un pénitencier pour adultes. Le jeune homme va devoir s'affirmer face aux matons, aux autres gardiens, mais, surtout face à son propre père, psychopathe notoire ayant écopé de la prison à vie.

La Critique de Titi70 :

Les longs métrages se déroulant dans une prison sont nombreux, à tel point qu'ils constituent un genre en soi. On peut notamment citer notamment L'Evadé D'Alcatraz avec Clint Eastwood, Midnight Express d'Alan Parker ou Un Prophète de Jacques Audiard.

A cette liste, on peut également ajouter Starred Up, sortit en 2014. film Anglais tourné de manière indépendante, c'et à dire sans l'appui de gros studios. Son réalisateur, Daniel Mc Kenzie, n'en est pas à son premier long métrage puisqu'on lui doit, entre autre, Toy Boy, en 2008 ou Rock'n Love en 2011.

Certes, se taper un film de prison signé par un mec ayant mit en scène une comédie avec Ashton Kutcher n'a, en soi, rien de rassurant au premier abord. Si en plus, le fameux long métrage bénéficie d'une traduction de titre qui ne donne guère envie, le cinéphile peu motivé aura vite fait de jeter l'éponge.

Sortit chez nous sous l'appelation complètement à coté de la plaque Les Poings Contre Les Murs (et pouquoi pas, Ma Main Dans Ta Face, pendant qu'on y est ?) est, vous l'aurez comprit, un film se déroulant intégralement dans une prison de haute sécurité.

Jack O'Connell, découvert en 2008 dans Eden Lake, ou il incarnait Brett, le chef de la bande, et revu ensuite dans la série Skins, joue ici le rôle d'Eric, un jeune homme de 19 ans, au comportement extrêmement violent et asocial, qui se retrouve dans une prison pour adulte après avoir massacré un dealer. Dans le même bâtiment se trouve son père, Nerv, incarné par Ben Mendelsohn, apparu l'année d'avant dans The Place Beyond The Pines, un psychopathe notoire en cheville avec un dealer extrêmement puissant et respecté dans la prison.

Dire que les relations entre Eric et son père vont être houleuse est encore en dessous de la vérité. Le jeune homme n'a vu son père qu'une seule fois, à l'age de cinq ans, et déjà derrière des barreaux.

Rapidement privé de mère, Il grandit dans un foyer et apprend à se faire tout seul. A dix ans, il élimine son premier type, un pédophile voulant se l'envoyer, en lui faisant boire de l'eau bouillante.

Malgré les conseils de son paternelle sur la conduite à tenir en milieu carcerale permettant de sortir vite de taule, Eric entend bien se débrouiller tout seul en s'imposant par lui même.

Ça commence rapidement par un détenu qu'il tabasse alors que ce dernier était entré dans sa cellule, puis, ça se poursuit avec un gardien arrache presque les couilles.

Rapidement, la tension entre le père et le fils monte d'un cran, ce dernier tentant de faire intégrer Eric dans un groupe de parole, quand celui ci tente de poursuivre son propre chemin au sein de la prison. Comme si ça ne suffisait pas, un des responsable des lieux à prit en grippe le jeune homme et compte bien lui faire comprendre qui est le patron.

La question mérite d'être posé, face à un sujet déjà largement traité par d'autres oeuvres, que peut bien apporter de nouveau ce nouvel avatar du film de prison ?

Sur la forme, reconnaissons le, pas grand chose. On retrouve la plupart des ingrédients, à savoir une violence quasi omniprésente, un langage ordurier ou un personnage ayant pas mal de pouvoirs comme celui du sous directeur de la prison.

Pourtant, sur un schéma qu'on pourrait croire ultra balisé, Starred Up, ou si vous préférez Les Poings Contre Le Mur, parvient largement à se distinguer grâce à ses nombreuses qualités.

D'abord, le déroulement du film est totalement exempt de musique. Pas la moindre note pour venir en rajouter une couche dans le pathos. Dés la première image , on est plongé dans l'univers de la prison, ou ne pointe aucune issue bénéfique.

David Mc Kenzie filme la taule de manière extrêmement froide, parfois caméra à l'épaule et dans un style presque documentaire, n'hesitant pas à coller au plus prêt des protagonistes, notamment Eric, jeune prêt à en découdre avec quiconque.

N'éludant jamais la violence inhérent à ce milieu, ce qui rend certains scènes, comme celui ou le jeune homme s'innonde d'huile dans sa cellule avant de tabasser sauvagement des flics venus le maîtriser, particulièrement forte,  Les Poings Contre Les Murs est, en plus d'un très bon film de prison, un magnifique drame sur la relation père / fils.

Même si ce n'est jamais dit vraiment, on imagine que Nerv à passé la majeur partie de sa vie derrière des barreaux, après une enfance qui a du être tout aussi chaotique que celle de son fils. L'homme n'a jamais appris à aimer, et encore moins à se conduire comme un père apte à éduquer ou protéger son fils, des choses très difficile et encore plus en prison, surtout quand le rejeton est autonome et entend faire son propre chemin.

Il y a aussi le faite qu'Eric suscite la jalousie de Nerv, qui le voit progressivement prendre du galon au sein des détenus en se faisant lui même des amitiés, tout en attirant l'attention du dealer bossant avec le père. En clair, plus il parvient à faire son chemin dans la prison, loin du père, et plus les autres détenus le respecte en tant que tel, et non parce qu'il est le fils d'un autre detenus craint et redouté. La fin du film verra Nerv et son fils faire la paix in extremis avant que la vie ne la vie ne les sépare à nouveau.

Les Poings Contre Les Murs est, au final, un très bon film, une oeuvre choc, dur, mais, aussi parfois émouvante, parfaitement maîtrisé au niveau de la réalisation, et porté par des comédiens exceptionnels, à l'image de Jack O'Connell, parfait dans la peau de ce personnage d'adolescent écorché vif, et Ben Mendelsohn, incroyable de charisme dans le rôle de ce détenu craint et respecté qui va voir son existence basculer à cause de son fils, qu'il tente de diriger vers un autre chemin sans jamais y parvenir. En clair, si vous aimez les films de prisons, ne vous fiez pas au titre français idiot et foncez.