Réalisation : Ridley Scott

Année : 2008

Genre : Suspense / Action / Espionnage

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L'histoire : Roger Ferris est le meilleur agent de la C.I.A. Son boulot consiste à voyager à travers les pays afin d'essayer de prevenir et d'endiguer d'éventuelles attaques terroristes. A l'autre bout du monde, un autre agent surveille Ferris, qui dirige et coordonne les opérations. Mais, une mission particulièrement dangereuse va venir bouleverser les certitudes du super agent.

La Critique De Titi70 :

Tout grand réalisateur a ses moments de faiblesses, accouchant d'oeuvres pas forcément honteuses, mais, mal maîtrisé et quelque peu bancal. Dans la filmographie de Ridley Scott, c'est à cette place que l'on peut aisément caser Mensonges D'Etat.

Le film est une adaptation d'un roman d'espionnage écrit par David Ignatius, un journaliste, et titré Body Of Lies. A sa sortie, le bouquin fut notamment salué à sa sortie pour sa description minutieuse du fonctionnement des services secrets Américains.

William Monahan, scénariste notamment du long métrage de Martin Scorcese, Les Infiltrés, s'occupe ici de la transposition pour le grand écran, qui sera interpreté par une autre des tètes d'affiche du film de Scorcese, Léonardo Di Caprio.

Avec Mensonges D'Etat, Ridley Scott retrouve pour la quatrième fois Russell Crowe, qu'il avait révèle en 2000 avec le péplum . Pour l'anecdote, le comédien devra prendre 20 kilogrammes pour le rôle.

Outre les deux tètes d'affiches, figurent également au casting Mehdi Nebout, qui incarnait déjà un terroriste trois ans plus tot dans Munich de Steven Spielberg, Mark Strong, que l'on reverra un an plus tard dans Sherlock Holmes de Guy Ritchie, ou Michael Gaston, qui incarnera la mème année le personnage de Sandford Harris dans la première saison de la série Fringe.

L'histoire de Mensonges D'Etat tourne surtout autour de plusieurs hommes. D'abord, Roger Ferris, ancien journaliste bléssé durant la guerre en Irak et reconvertit en agent de terrain pour la C.I.A. Dans son domaine, c'est le meilleur. Il y a ensuite Ed Hoffman, chef des opérations qu'il dirige depuis sa maison ou son bureau, grâce à une oreillette. Bref, un planqué qui évite autant que possible de mettre les pieds sur le terrain, laissant la tâche à d'autres.

Les deux hommes travaillent en collaboration sur une mission particulièrement difficile, au Moyen Orient : Trouver coûte que coûte Al-Saleem, un fanatique terroriste extremement dangereux. Pour cela, Ferris entre en contact avec Hani Salaam, un puissant et redoutable homme d'affaire.

Après une première tentative s'étant soldé par un échec, l'agent revient en Jordanie avec une autre idée : Utiliser un homme de paille en faisant croire qu'il est un terroriste à l'organisation plus puissante que celle d'Al-Saleem, de manière à faire sortir l'homme de sa cachette et le diriger directement dans les filets de la C.I.A. Roger Ferris porte son choix sur un jeune architecte du nom d'Omar Sadiki.

Malheureusement pour l'agent, rien ne se passe comme prévu et ce qui était jusque la une traque devient alors une sorte de partie d'echec dans laquelle Roger Ferris fait office de pion manipulable à l'envie.

Avec Mensonge D'Etat, Ridley Scott plonge dans l'univers de la lutte contre le terrorisme et du fonctionnement des services secrets Américains avec ses mensonges et ses faux semblants. A l'évidence, le réalisateur souhaite traiter le sujet de manière frontale, Ainsi, le personnage de Roger Ferris, comprenant progressivement qu'il ne vaut finalement pas grand chose aux yeux de ces supérieurs qui le juge, à l'évidence, parfaitement remplaçable, tentera de quitter ce milieu qui ne lui convient plus.

Quant à Ed Hoffman, c'est un bureaucrate sans états d'âme, effectuant son travail sans passion et on peut le dire, quelque peu incompétent puisqu'ignorant de la réalité du terrain dont il se fiche éperdument. Au final, peu importe qu'il croit à ce qu'il prétend défendre, à savoir le peuple Américain, ou non. Il est payé pour un boulot et il le fait, point.

Malheureusement, Ridley Scott n'a pas les épaules necessaire pour dénoncer les abus de la chasse au terroriste en signant une oeuvre critique sur le véritable rôle des agents de terrain des services secrets, qui ne sont ici que chair à canon.

Certes, le film tente de s'aventurer à plusieurs reprises sur ce terrain, mais, l'exercice ne va pas très loin et rèste très en surface. Autre point négatif : Un scénario parfois trop léger que le réalisateur peine à exploiter.

Heureusement, Ridley Scott peut compter sur son casting, en particulier Leonardo Di Caprio, parfait dans la peau de Roger Ferris, ou Mark Stong qui apporte sa prestance à Hani Salaam. Malheureusement, seul Russell Crowe ne semble pas vraiment à sa place et se contente d'offrir le minimum syndicale. Il faut dire que son personnage, guère développé, se contente la majeur partie du temps de parler dans un écouteur tout en s'occupant de sa femme ou de ses enfants, bien tranquille chez lui.

Mensonges D'Etat n'est pas un mauvais film, on y trouve de nombreuses scènes d'action très réussi, et le rythme est suffisamment bien mené et riche de rebondissements pour que l'on ne s'ennuie jamais, mais, il faut reconnaître que c'est loin d'ètre le meilleur film de Ridley Scott et que le réalisateur nous a habitué à beaucoup mieux.