Réalisation : Steven Knight

Année : 2013

Genre : Suspense / Thriller / Drame

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L'histoire : En voulant retrouver son ancienne petite amie, un ancien soldat des forces spéciales Américaines émigré en Angleterre, découvre qu’elle a été assassinée. Il se jure de tout faire pour la venger. Commence alors pour lui une plongée infernale dans les pires bas-fonds de Londres…

La Critique de Titi70 :

Le nom de Steven Knight ne vous dit peut ètre pas grand chose, pourtant, l'homme est scénariste de plusieurs long métrages comme  Dirty Pretty Things, Les Promesses De L'Ombre ou, plus recemment Les Recettes Du Bonheur.

Avec Crazy Joe, il fait ses premiers pas de réalisateur pour un film que son affiche tente de vendre comme un long métrage bourrin alors que le résultat est tout autre et s'apparente plus à un polar à consonnace dramatique. 

L'histoire tourne autour de Joey Smith, soldat envoyé en Afganistan, et commence alors que le militaire effectue une vengeance sauvage après un acte terroriste, avant de prendre la fuite. Considéré comme un deserteur, Joey trouve refuge en Angleterre ou il vit tel un sans abris, incapable de se remettre des traumatismes de la guerre. Un soir, déboulent plusieurs hommes qui font le tour des clochards, en tabassent quelques uns avant d'en kidnapper d'autres, essentiellement des femmes, condamné à finir dans la prostitution.

Parmi les victimes, Isabel, la compagne de Joey Smith. Ce dernier se voit brutalement séparé d'elle et trouve refuge dans un appartement douillet et innabité, le propriétaire étant partie pour de longues vacances.

L'homme décide alors de se reprendre en main, se fait appeler Joey Jones, et trouve un boulot dans un restaurant chinois. Un soir, il est contraint de se battre avec plusieurs clients de l'établissement qu'il vient de ramener vers la sortie. Une scène à laquelle assiste l'un des chef de la mafia Japonaise, qui engage alors Joey comme garde du corps.

Ce dernier en profite alors pour mettre de l'argent de coté, mais, aussi, offrir de la nourriture aux sans abris dont s'occupe Soeur Christina, avec qui Joey est resté très proche. C'est elle qui lui annonce que la police à retrouvé un corps de femme dans le ruisseau. Sur les photos, Joey reconnait alors Isabel et jure de découvrir ce qui s'est passé et de la venger.

Comme je l'écrivais plus haut, Crazy Joe risque de désarconner ceux qui s'attendent à voir Jason Statham distribuer des mendales pendant 1h30. Certes, l'acteur le fait, mème ce n'est que lors d'une seule scène, il est vrai bien brutale, et au milieu du long métrage.

A l'evidence, ce qui à attiré Jason Statham dans ce projet vient justement de ce personnage à contre emploi. Le comédien incarne un homme brisé, traumatisé, qui se considère comme une machine à tuer, et qui en souffre. Sa seule lueur d'espoir réside en soeur Christina, avec laquelle il va vivre une histoire d'amour.    

Le film alterne ainsi entre les séquences dramatiques via l'histoire avec cette nonne, et son histoire de vengeance, mais, aussi des séquences ou le personnage de Joey Smith devient une sorte d'ange gardien pour les sans abris du coin, à qui il offre de la nourriture payé avec son salaire de garde du corps pour mafieux, et qu'il protège parfois contre ceux qui tentent de les racqueter. C'est pourquoi la plupart des clochars qui le connaissent l'ont surnommé affectueusement Crazy Joe.

Le scénario est extremement ambitieux et part dans beaucoup de directions, mais, le problème vient du fait qu'aucune n'est finalement exploité pleinement. Je pense, notamment, au rôle joué par des caméras surveillant constamment, depuis les hauteurs, la ville et ses habitants, dont le réalisateur tente, au maximum, de nous faire partager le point de vue.

Steven Knight semble incapable de pouvoir choisir entre les divers options offertes par son histoire, le coté justicier de la rue pour les clochards se voyant finalement reduit à deux scènes. On peut alors se demander l'interet d'en rajouter avec le trauma d'enfance de la soeur Christina.

Au final, malgré l'interpretation très juste de Jason Statham, qui montre qu'il est un véritable comédien et pas seulement un cogneur sans talent, Crazy Joe demeure une oeuvre bancale, au rythme en dent de scie, montrant qu'avoir de bonnes idées de ne suffit pas à devenir un bon cinéaste.