Réalisation : José Padilha

Année : 2014

Genre : Science Fiction

L'histoire : Les services de police inventent une nouvelle arme infaillible, Robocop, mi-homme, mi-robot, policier électronique de chair et d'acier qui a pour mission de sauvegarder la tranquillité de la ville. Mais ce cyborg a aussi une âme...

La Critique De Titi70 :

En 1987, Paul Verhoven réalise ce qui est devenu un classique de la science fiction, à savoir Robocop. Précisons que le réalisateur avait, à l'époque, bénéficié d'une liberté totale pour ce long métrage.

17 ans plus tard, le cinéma Américain est désormais gangrené par les remakes et les reboot à foisons, pour le meilleur et le pire. Il était donc inévitable, dans ces conditions, que le robot flic ne fasse son come back. Malheureusement, le tranquillité donc bénéficia Verhoven à l'époque semble appartenir à une époque révolu, comme le démontre le long chemin de croix subit par le projet avant d'arriver en salles.

Après une première annonce des dirigeants de Sony Pictures en 2005, c'est finalement trois ans plus tard que ce remake prend forme, distribué par la Métro Goldwyn Mayer, et réalisé par Darren Aronofsky.

De nombreuses rumeurs commencent à circuler sur le nom du possible successeur de Peter Weller. Sont notamment annoncé Chris Pine ou Michael Fassbender.

Début 2010, les choses se gâtent. Alors que le film approche de sa date de sortie, de nombreux bruits de couloirs révèlent les multiples désaccords entre le réalisateur et le studio. Le principaux étant que la MGM souhaite que le long métrage soit fait en 3d, ce que refuse catégoriquement Darren Aronofsky.

Finalement, le metteur en scène choisit de jeter l'éponge et le projet se retrouve au point mort. Ce n'est qu'en 2012 qu'un autre metteur en scène, José Padilha, est engagé.

Hugh Laurie est alors contacté pour reprendre un personnage similaire à celui incarné par Ronny Cox dans le film de Paul Verhoven, mais, le comédien abandonnera le tournage au bout de quelques mois, De son coté, Clive Owen préfère laisser sa place à Michael Keaton. Abbie Cornish, Samuel L. Jackson, Jackie Earle Haley, Jay Baruchel, Gary Oldman, Marianne Jean-Baptiste ou encore Zack Grenier, viennent notamment compléter le casting.

Une nouvelle date de sortie est alors fixé, à savoir août 2013, mais, il faudra encore attendre presque un an pour voir arriver ce remake, qui d'ailleurs n'en est pas un, selon Joel Kinnaman, qui reprend le costume métallique de Robocop : « Faire ce film est une grande responsabilité. Surtout dans un monde où il y a beaucoup de remakes tournés pour des raisons économiques cyniques.

Mais le fait d'avoir José Padilha comme réalisateur a évacué ces craintes. Le plus grand hommage que l'on puisse rendre au Robocop de Paul Verhoeven est de reconnaître que c'est un film très intelligent, et d'essayer de faire quelque chose d'intelligent derrière ça, pas seulement de reproduire de vieilles formules. On a donc gardé deux ou trois choses de l'original en guise de clins d’œil pour les fans, mais nous avons essayé de ne pas faire un remake».

L'histoire se passe donc en 2028, alors qu'un conglomérat industriel, nommé Omnicorp, est parvenu à imposer progressivement des drônes de combats parmi les unités militaires, et utilisé dans les différents conflits partout sur la planète.

Raymond Sellars, le grand patron de la société, souhaiterait étendre le marché, et notamment au sein de la police, mais, une loi lui interdit l'usage de robots sur le sol des États-Unis. La bataille est donc rude pour tenter de faire changer les choses.

De son coté, Alex Murphy est un honnête flic, père de famille et mari attentionné, qui se retrouve à devoir dénoncer de la corruption au sein de la police ou il travaille. Il ne tarde donc pas à être victime d'un petit "accident", lorsqu'il est gravement blessé dans l'explosion de sa voiture.

Raymond Sellars le fait alors transformer, à l'insu de sa famille, en machine prénommé Robocop, destiné à combattre le crime. Mais, malgré les tentatives, l'ame d'Alex Murphy est toujours la et son désir d'obtenir une vengeance bien présent.

Ce Robocop 2014 offre un paradoxe intéressant, puisque certaines scènes témoignent de la vision d'un réalisateur soucieux d'imprimer sa patte et ses thématiques, tandis que d'autres passages démontrent la main mise du studio sur le projet, en offrant un spectacle extrêmement lisse et calibré pour tout les publics, à l'opposé de ce qu'etait le film original de Paul Verhoven.

La vision de José Padilha et le respect dont il fait preuve envers l'oeuvre original et son coté "brûlot" ne font aucun doute quand on voit le personnage de présentateur télé, incarné par Samuel J. Jackson, qui apparaît à lui seul comme l'unique voix de l'Amérique, et offre "sa" vision des choses, pas toujours en accord avec la morale.

A l'évidence, ce qui intéresse le metteur en scène ne se situe pas dans l'envie de faire de Robocop un super héros à la Iron Man, mais, plutôt l'envie de raconter comment une personne va devoir se battre seule contre tous pour parvenir à la vérité, dans une société miné par l'arrivisime et l'égoïsme .

Pour le studio, c'est tout le contraire, car, autant le dire, la trajectoire dramatique d'un personnage, les costards cravates n'en ont rien à cirer. Ce qui marche actuellement, ce sont les héros de chez Marvel, alors, autant transformer le robot flic en combattant indestructibles.

Le résultat de tout ça, c'est une relecture qui à constamment le cul entre deux chaises. Un remake qui tente parfois de moderniser certains éléments du film original, ce qui est louable, mais, se retrouve à chaque fois bloqué par les desiderata des producteurs.

Au final, si ce Robocop 2014 ne se hisse évidemment pas à la hauteur du film original, et si tout n'est pas à rejeter dans ce remake, notamment des comédiens qui demeurent absolument parfait dans leurs personnages, à l'instar de Michael Keaton, formidable en patron cynique, difficile de ne pas trouver le spectacle fade, et même ennuyeux, quand on connaît le long métrage original.