Réalisation : John R. Leonetti

Année : 2014

Genre : Horreur

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L'histoire : John Form est certain d'avoir déniché le cadeau de ses rêves pour sa femme, qui attend un enfant. Il s'agit d'une poupée ancienne, très rare, habillée dans une robe de mariée d'un blanc immaculé. Un objet innocent...Jusqu'a ce qu'il soit possédé par un esprit démoniaque et transforme le quotidien du couple en cauchemar.

La Critique De Titi70 :

Avant d'aborder le film Annabelle, il me semblait important de faire un petit rappel histoire de mieux remettre les choses en perspectives. En 2013, sort le long métrage , réalisé par James Wan, avec Patrick Wilson et Vera Farmiga, dont l'histoire s'inspire d'un couple de chasseurs de fantômes ayant réellement existé dans les années 70.

Une oeuvre qui bénéficiera d'un certain succès à sa sortie et dont une suite est, d'ailleurs, en préparation. Mais, l'un des éléments les plus marquant, pour ceux qui ont vu le film, réside dans la présence secondaire d'une poupée démoniaque, que James Wan parvient à transformer en personnage réellement effrayant.

L'engouement du public pour cette poupée est tel que des producteurs décident de lançer une sorte de spin-off, c'est à dire un long métrage dérivé, explorant les origines du jouet cauchemardesque.

Une idée pas forcement mauvaise étant donné que James Wan ne dévoilait finalement pas grand chose dans son film au sujet de ce personnage. Tout juste apprenait on que la poupée se prénommait Annabelle, du nom d'une petite fille décédé lui ayant appartenu.

On pouvait donc légitimement espérer que, si le boulot était bien fait, le spin-off allait permettre d'installer une nouvelle figure de cauchemar au panthéon d'un genre qui en manque désormais cruellement.

Malheureusement, l'absence de James Wan au posté de réalisateur et le nom de son remplacant vont progressivement briser les espoirs qu'on pouvait nourrir envers ce projet.

Car, John R. Leonetti, l'heureux élu, est peut être un technicien très doué, et qui a notamment travaillé sur Conjuring, on ne peut pas dire que sa (courte) filmographie en tant que réalisateur en fasse un génie du cinéma, jugez plutôt : Mortal Kombat 2 en 1997, puis L'Effet Papillon 2 en 2006. Soit une des suites les plus foireuses du cinéma (qui en compte pourtant de belles), et le second opus d'un film déjà bien daubesque.

Bref, rien de folichon et ce n'est pas Annabelle qui va rectifier le tir. Car, notre bonhomme et son scénariste (nommé Gary Dauberman !) ont décidé de ne pas trop se fouler.

Il blinde d'abord le casting d'inconnus ayant surtout besoin de payer leurs impôts, et donc, prêt à faire n'importe quoi pour ça. Au passage, on remarquera tout de même la présence secondaire d'Afre Woodward, vue en 2013 dans le drame 12 Years a Slave, et qui expliqua avoir trouvé le tournage d'Annabelle "trop terrifiant !".

Puis, le réalisateur et le scénariste commencent à chercher d'autres oeuvres à dépouiller, histoire d'avoir un minimum de scénario tout de même. Dans Annabelle, on trouve donc des passages piqués à Insidious, Dead Silence, au sein d'une script louchant beaucoup sur le film de Roman Polanski, Rosemary's Baby, la réussite en moins.

Après un prologue qui reprend intégralement la première scène de Conjuring, avec les étudiantes qui témoignent sur la présence démoniaque de la poupée, on plonge donc dans les années 70.

Un gentil couple, Mia et John Form, se retrouve en plein cauchemar quand deux membres d'une secte proche des adeptes de Charles Manson assassinent leur voisin avant de pénétrer chez eux pour tenter de les éliminer également.

Ils seront finalement sauvés par la police qui abattra les agresseurs. Mais, Mia, enceinte, en sort grandement choqué. Dans la panique générale, personne ne fait finalement attention au fait qu'Annabelle, la poupée offerte par John à sa femme à peine quelques heures avant, s'est retrouvé, durant quelques minutes, entre les mains d'un des meurtriers.

Revenue chez elle au bout de quelques jours, Mia s'apperçoit rapidement que quelque chose ne pas dans la maison. Des phénomènes commencent alors à se produire, poussant la jeune femme à suplier son époux de déménager.

Installée dans l'appartement d'un grand immeuble, le couple pense alors en avoir terminé avec ce cauchemar, autant dire que Mia et John se trompent lourdement.

Dés les premières scènes, John R. Leonetti et son scénariste choisissent d'évacuer tout le mystère entourant la poupée, qu'on découvre donc possédée par un esprit démoniaque, invoqué par une secte proche de Charles Manson.

C'est, d'ailleurs, la seule information qu'on aura en plus concernant la poupée, la suite se limitant à un personnage féminin qui passe tout le film à être persecuté par une force qu'on ne verra jamais, lui réclamant son âme ou celle de son bébé.

Le rapport avec la Annabelle de The Conjuring ? Aucun, mais, les responsables s'en foutent complètement, se contentant de la filmer de temps en temps histoire de rappeler que le film tourne autour d'elle, enfin, en théorie. Quand aux acteurs, ils y croient autant que nous, c'est à dire pas du tout. A vrai dire, le film finit même par agacer tellement il pue le j'm'en foutisme et prend le spectateur pour un con. De quoi avoir envie de crier au scénariste de ce navet : "Franchement, quelle daube, Herman !!!".