Réalisation : Wong Kar-Wai

Année : 2013

Genre : Action / Art Martiaux / Drame

102640576

L'histoire : Evocation de la vie de Ip Man, futur mentor de Bruce Lee et maître légendaire de wing chun, un art martiale dérivé du Kung Fu, et de Gong Her, fille d'un grand Maitre assassiné. Deux destins liés dans la Chine occupés par les Japonais, durant les années 1930-1940.

La Critique De Titi70 :

Avant d'aborder le film, il est nécessaire de rappeler précisement qui est Ip Man, personnage au centre du biopic de Wong Kar Wai chroniqué ici. Si l'on connaît notamment le personnage pour avoir été le mentor d'un certain Bruce Lee, Ip Man est également le premier à avoir enseigné le Wing Chun, un art martial dérivé du Kung Fu.

C'est à 9 ans qu'Ip Man commence l'apprentissage de cet art. Durant de nombreuses années, il refusera d'enseigner le wing chun à quiconque; mais, l'invasion de la Chine part les Japonais et la guerre civile qui en découle change la donne. Menant jusque la un train de vie plutôt aisé et paisible, Ip Man voit sa famille ruinée, ses amis disparaître, et ses enfants mourir de faim. A la fin des années 50, contraint de quitter la Chine suite à son appartenance politique au parti nationaliste, Ip Man doit abandonner sa femme et finit par s'installer à Hong Kong ou il fonde sa première école d'art martiaux.

Il etait naturel, et presque inévitable, qu'une telle figure historique ne finisse par intéresser certains professionnel du cinéma, désireux de retracer la vie mouvementé du bonhomme sur grand écran.

Il faut dire que le nom d'Ip Man à d'abord été popularisé par Bruce Lee lui mème, qui n'a jamais manqué de rendre hommage à son mentor dans ses films.

A ce jour, on compte cinq long métrages concernant la vie du bonhomme, tous réalisé entre 2008 et 2013. Parmi eux, figure donc The Grandmaster, signé par le metteur en scène Hong Kongais, Wong Kar Wai.

Le réalisateur très apprécié des critiques (il n'est pas le seul, evidemment, mais, il fait partie indeniablement de cette catégorie) s'attaque donc à un biopic ambitieux et confie le rôle principal à  Tony Leung,

De son vrai nom Tony Leung Chiu-wai, le comédien est considéré dans le milieu comme un des meilleurs acteurs Hong-Kongais de sa génération, une sorte d'équivalent asiatique à Robert De Niro.

Ce n'est pas la première fois que Tony Leung et Wong Kar Wai travaillent ensemble, ce dernier étant mème un des acteur fétiche du réalisateur. On l'a d'ailleurs vu dans les plupart des oeuvres du réalisateur, de In The Mood For Love, en journaliste victime d'adultère, à 2046, ou il incarne un écrivain dans un monde futuriste.

Pour The Grandmaster, Tony Leung suivra un long entraînement afin de devenir un expert en Wing Chun, dont il d'ailleurs devenu un véritable expert. A ses cotés, on retrouve Zhang Ziyi, révélée en 2000 avec le film d'art martiaux Tigre Et Dragon et qui poursuivra par la suite brillamment sa carrière jusqu'à 2046, ou elle donnait déjà la réplique à Tony Leung devant la caméra de Wong Kar Wai.

L'histoire de ce biopic commence à Foshan, petite province Chinoise, au moment ou Ip Man est contacté par un des membres de l'ordre des arts martiaux chinois. le jeune combattant à, en effet, été choisit par le grand Maître Baosen pour lui succéder, mais, avant cela, il doit montrer ses capacité lors d'une soirée spéciale.

Ip man rencontre ainsi le sage ainsi que sa fille, Gong Her, et démontre de quoi il est capable. Mais, le choix du maître ne fait pas l'unanimité et des divergence commencent à apparaître dans l'ordre.

Les années passent et Maître Baosen finit par être assassiné par un de ses ancien disciple. Pleine de rage, Gong Her jure alors de la venger. Pendant ce temps, dans le pays, l'invasion Japonaise à commencé, Ip Man et sa famille tentent de survivre comme ils peuvent, mais, bientôt, ses deux filles finissent par mourir de faim. Commencent alors une période trouble ou Gong Her et Ip Man vont souvent se croiser, pour finir pas s'avouer une passion mutuelle.

Si Wong Kar Wai commence son long métrage avec le personnage d'Ip Man, magnifiquement campé par Tony Leung, le réalisateur dévie progressivement jusqu'a reléguer le maître en second plan, préférant s'intéresser à Gong Her.

Si le spectateur suivra une bonne partie du parcours de la jeune femme, et notamment sa quête vengeresse, jusqu'a sa fin tragique, le  metteur en scène ne parvient pas à rendre complètement limpide la trajectoire d'Ip Man et certains éléments manquent clairement de cohérence.

Je pense à cette scène ou l'homme abandonne sa femme dans le wagon d'un train sans qu'on comprenne finalement pourquoi, il ne la retrouvera d'ailleurs que dans les ultimes minutes du film sans que le réalisateur ne cherche à y apporter plus d'explications.

Que Wong Kar Wai fait l'impasse sur la partie, peu glorieuse, ou Ip Man est devenu consommateur d'Opium peut se comprendre, impossible de tout raconter d'une vie entière dans un biopic, quel que soit sa durée.

Car, ce qui est finalement le plus intéressant dans la figure de ses personnages, c'est leurs cotés combattants et la, on peut dire que Wong Kar Wai nous en donne pour notre argent, d'un combat renversant de beauté visuelle sous une pluie battante, ou Ip Man se bat contre des dizaines de combattants, en passant par cette scène, qui reste pour moi la meilleur, de duel particulièrement sauvage entre Gong Her et l'assassin de son père.

Par contre, on peut reprocher, à raison, de nombreux tics de réalisations lors de ces combats, comme les multiples ralentit poussé à outrance, donnant l'impression désagréable que le réalisateur cherche à se donner un coté respectable à travers son film.

The Grandmaster n'est clairement pas exempt de défauts. En plus de ces artifices un peu pompeux, il souffre clairement d'un scénario parfois brouillon, surtout vis à vis de certain personnages secondaires qui, à l'évidence, n'interesse pas le cinéaste, comme ce type menaçant qui tente d'imposer sa loi à Hong Kong et qui finit par ouvrir une école lui aussi, devenant, on le devine, le rival d'Ip Man.

Au final, malgré ses qualités visuelles indéniables, The Grandmaster n'est pas aussi réussi qu'il aurait pu l'ètre et on peut clairement penser, à l'issue du visionnage du film, que le vrai biopic sur la figure légendaire d'Ip man reste à faire.