Réalisation : Paul Newman

Année : 1972

Genre : Drame

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L'histoire : Le quotidien d'une femme veuve d'une quarantaine d'années au comportement instable et de ses 2 filles avec lesquelles elle vit, tentant de survivre dans une société qu'elles comprennent à peine.

La Critique De Titi70 :

La plupart des acteurs ou actrices du monde du cinéma ont voulu, à un moment donné, passer derrière la caméra, ce qui peut parfois donner le meilleur ou le pire. Dans les années 70, ce sont notamment Clint Eastwood ou John Cassavetes qui franchissent le pas, des noms connus et reconnus, ce qui ne sera malheureusement pas le cas de Paul Newman, dont les réalisations tomberont dans l’oubli.

Lorsque le comédien décide de franchir le pas, à la fin des années 60, l’homme à déjà un long passif d’acteurs et ne demeure déjà plus un inconnu à Hollywood.

L’influence Des Rayons Gamma Sur Le Comportement Des Marguerites, réalisé en 1971 et sortit aux Etats Unis un an plus tard, est son troisième long métrage.

Paul Newman, en grand passionné de théâtre, y adapte une pièce à succès de Paul Zindel, dont il reprend d’ailleurs le titre original pour son film.

Pour le casting, Paul Newman choisit de confier le rôle principal à Joanne Woodward, son épouse qu’il avait déjà dirigé quelques années plus tôt dans son premier film, Rachel Rachel.

Par ce choix, le comédien lance une sorte de défi à celle qui partage sa vie, un pari réussi puisque l’actrice verra sa prestation couronné aux Oscars.

Le reste du casting est notamment composé de deux jeune filles, Roberta Wallach, qui n’est autre que le fille du comédien Eli Wallach et Nell Potts, la propre fille de Paul Newman et de Joanne Woodward, dont ce sera l’unique apparition au cinéma.

Paul Newman signe une chronique sociale intimiste dont l’intrigue tourne autour d’une mère de famille à la quarantaine bien sonné, Beatrice Hunsdorfer, et de ses deux filles, Ruth et Matilda.

Une vie quotidienne pleine d’ennui pour cette femme, ancienne pom-pom girl et désormais femme au foyer, veuve, vivant dans une petite ville ou il ne se passe rien, dans une baraque minable.

Beatrice à développé un comportement ambivalent, entre crise de rage, d’enthousiasme et d’amertume, elle ressasse souvent le passé et ne rêve finalement que de retrouver son prestige d’antan, refusant quelque part de tourner la page.

Ses deux filles ont, elles, des personnalités totalement opposé, mais, demeurent semblable dans leur soumission à leur mère.

Ruth, l’aînée, est la plus fragile niveau santé. Têtue et quelque peu extravertie, elle ne rêve que d’échapper à l’influence de sa mère, mais, reste celle qui lui ressemble sans doute le plus.

Et puis, il y a Matilda, la plus jeune. Gamine timide et peu loquace, elle est également la plus intelligente. Un vrai petit génie, passionné de science, et doté d’une certaine perspicacité.

C’est d’ailleurs à travers elle que l’histoire se déroule, le titre du film faisant référence à l’expérience scientifique que Matilda fait pour un concours de son école.

Paul Newman en profite pour dresser un parallèle intéressant entre ce fameux essais, dont les résultats peuvent être adapté et vu comme une évolution des personnages de Ruth et Matilda.

On peut aisément deviner que, des deux filles, seule Matilda parviendra à s’échapper véritablement du cocon familiale, Ruth étant condamné à finir comme sa mère.

Au niveau de la réalisation, Paul Newman choisit de raconter son histoire de manière totalement minimaliste, s’effaçant presque derrière ses personnages et leurs trajectoires.
De L’Influence Des Rayons Gamma…fait parfois penser au cinéma de John Cassavetes, notamment via le portrait de femme que dépeint Paul Newman.

Le réalisateur évite tout coté glamour et nous plonge au coté de trois personnages dont la vie n’a franchement rien d’un conte de fée. Béatrice tente de faire vivre sa famille et se voit contrainte d’héberger une vieille femme paralytique que sa fille a abandonné, une personne âgé que Ruth ne supporte pas, tout comme son quotidien, d’ailleurs, et Matilda se console de sa solitude avec un petit lapin que sa mère ne rêve que de tuer, lui reprochant de salir la maison.

De L’influence Des Rayons Gamma…Demeure une jolie chronique social, souvent dur et jamais lacrymal. Un portrait de femme et de fille bien plus complexe qu’il n’en a l’air, parfaitement joué et exécuté. Bref, un petit bijou de cinéma à redécouvrir de toute urgence.